Les banquiers suisses ne veulent plus l'argent des dictateurs

Pour la première fois, les banques suisses se sont expliquées en détail, lundi, sur ce qu´elles font pour empêcher l´afflux en Suisse de fonds d´origine douteuse. L´affaire des millions de l´ex-dictateur Marcos ne serait donc plus qu´un mauvais souvenir.

Ce contenu a été publié le 21 août 2000 - 17:53

Les banques suisses sont sous pression. Bien que depuis 1977, elles aient pris toutes sortes de mesures pour empêcher que le fameux secret bancaire helvétique ne soit utilisé à des fins criminelles, on continue à leur reprocher de favoriser indirectement la fraude fiscale et certaines formes de corruption.

Dans ce contexte, l'affaire des millions déposés en Suisse par la famille de l'ancien dictateur nigérian Sani Abacha - Berne a déjà bloqué 700 millions de dollars! - prend, pour les banques suisses, une allure de cauchemar. C'est en effet dans le domaine de la lutte contre l'acceptation de fonds appartenant à des potentats étrangers corrompus que l'Association suisse des banquiers (ASB) estime avoir fait récemment le plus d'efforts. L'ère des millions de l'ex-dictateur Marcos serait ainsi bien révolue.

Les banquiers suisses ont donc tout intérêt - et c'est ce qu'ils ont fait lundi lors d'un séminaire à Berne - à prouver à l'opinion publique que l'affaire Abacha est un «accident». Un accident qui n'enlève rien au mérite des mesures introduites par les banques suisses pour mieux identifier d'éventuels clients criminels. A noter au sujet de l'affaire Abacha - c'est ce que l'on a appris lundi - que la Commission suisse de surveillance des activités bancaires (CFB) s'apprête semble-t-il à publier incessamment les conclusions de son enquête.

On s'attend à des sanctions relativement spectaculaires contre les employés ou directeurs de banques qui ont accepté des fonds provenant de l'entourage de l'ancien dictateur nigérian, violant ainsi des directives et prescriptions de l'ASB et les lois suisses contre le blanchiment d'argent.

Michel Walter

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