Les banquiers suisses restent confiants

Georg F. Krayer, président de l’Association suisse des banquiers. Keystone

Après le terrible choc encaissé par les Etats-Unis, les banquiers suisses se retrouvent vendredi pour leur journée annuelle. Ils en profitent pour exprimer leur compassion, mais aussi leur optimisme quant à l'avenir de la première place financière du monde. L'occasion également d'aborder plusieurs dossiers chauds, comme la fiscalité de l'épargne ou encore le blanchiment d'argent.

Ce contenu a été publié le 13 septembre 2001 - 18:09

«En attaquant le World Trade Center, les terroristes ont cherché à atteindre un des centres de la finance internationale, a déclaré le président de l'Association suisse des banquiers (ASB), Georg Krayer, lors d'une conférence de presse organisée à la veille de la journée des banquiers. Nous compatissons à l'immense souffrance des victimes et de leurs proches.»

Voilà donc pour la réaction des banquiers suisses aux attaques de mardi contre New York et Washington. Un message assorti d'une certaine fermeté. «Nous ne devons en aucun cas céder à cette violence», a précisé Georg Krayer, qui refuse d'ailleurs de noircir le tableau: «le monde financier a été touché, mais le système financier n'a pas été affecté terriblement.»

Défense du secret bancaire

Le patron de l'ASB fait même preuve d'optimisme quant à l'attractivité des Etats-Unis: «il faut distinguer entre un événement de ce genre et les perspectives économiques à long terme. Je suis convaincu que New York va demeurer un centre financier. Et il aura un sursaut.» Quant à leur rencontre annuelle, les banquiers suisses ont décidé de la maintenir, tout en renonçant aux aspects festifs.

Une réunion qui offre à l'ASB l'occasion de faire le tour des dossiers du moment, ceux notamment où plane une menace pour le secret bancaire. C'est le cas de plusieurs sujets au menu des discussions entre la Suisse et l'Union européenne. L'harmonisation de la fiscalité de l'épargne, mais aussi toute une série d'autres thèmes, sur lesquels on envisage de renforcer la coopération judiciaire et administrative.

Or les banquiers y voient un risque et mettent en garde. «Nous sommes opposés à toute érosion du devoir de discrétion du banquier par l'instauration d'une entraide administrative sans limite ainsi que par une reprise systématique de l'acquis communautaire futur, sans que nous ayons notre mot à dire», a ainsi déclaré Georg Krayer.

Autre sujet sensible: la lutte contre le blanchiment d'argent sale. On se souvient de la parution, au début de cette année, d'un rapport parlementaire français très critique à l'égard de la place financière suisse. Les banquiers n'ont visiblement pas apprécié. «Dans ce domaine, la Suisse n'a rien à envier aux pays étrangers», insiste l'ASB.

Un credo pro-ONU

L'association invoque la réglementation anti-blanchiment mise en place dès 1998, tout en admettant que l'application des dispositions concernant le secteur non-bancaire connaît encore des ratés. Mais, pour les banquiers, «les leçons en tout genre sont déplacées.

Les condamnations de la Suisse pour l'application encore imparfaite d'une loi aussi récente que complexe sont inacceptables, surtout de la part de pays qui ne connaissent pas encore une telle législation.»

Les banquiers tiennent aussi à donner leur avis sur certains des enjeux sur lesquels les Suisses doivent se prononcer en décembre. Sans surprise, ils disent non à l'initiative sur l'imposition des gains en capital et oui au frein à l'endettement. Au-delà, l'ASB prend d'ores et déjà position en faveur d'une adhésion de la Suisse à l'ONU, qui doit passer devant le peuple l'année prochaine.

«C'est une bonne chose pour notre pays et pour notre mentalité», relève Georg Krayer, qui a pour l'occasion créé lui-même des t-shirts, qu'il distribue. Il a d'ailleurs précisé à swissinfo que les banquiers suisses allaient soutenir financièrement la campagne en faveur du oui. Un engagement qui se monte à plus d'un million de francs suisses.

Pierre Gobet, Zurich

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