Les camions devront patienter jusqu'à Pâques

Les traces de la catastrophe sont encore visibles. Keystone

L'activité est fébrile au Gothard. Au point que le tunnel pourrait bien rouvrir le 21 décembre. Mais les camions, eux, devront attendre.

Ce contenu a été publié le 05 décembre 2001 - 17:21

Lundi, à Airolo, le chef du Département tessinois du territoire a mis, une fois pour toutes, les points sur les «i». Pour le conseiller d'Etat Marco Borradori, «tant que la sécurité ne sera pas garantie, les poids lourds ne devraient pas passer».

«Je l'ai déjà dit au Conseiller fédéral Moritz Leuenberger et je le répète aujourd'hui, martèle le Conseiller d'Etat tessinois, si les travaux se poursuivent comme prévu, le tunnel devrait pouvoir être accessible aux automobilistes avant Noël. Peut-être même déjà à partir du 21 décembre. En revanche, il ne sera pas prêt pour le transit des poids lourds.»

Et de conclure: «si la Confédération décidait par hasard de rouvrir le tunnel aux voitures et aux camions en même temps, nous serions obligés de nous distancier».

Pour la réouverture, c'est la Confédération qui a le dernier mot. Mais en cas d'accident, la responsabilité pénale retombe sur le Tessin ou sur Uri.

5000 camions par jour

Pourquoi les camions devraient-ils attendre? Tout simplement parce que les nouvelles bouches de ventilation ne seront pas en place avant Pâques. Or, elles sont indispensables à l'aération d'un passage emprunté chaque jour par 5000 camions environ.

C'est donc à cette date seulement que le transit des camions pourrait reprendre. Et encore à certaines conditions, telles que la circulation alternée.

Les autres améliorations prévues - comme le système anti-incendie et la signalisation - seront achevées d'ici juin 2002. Date à laquelle les mesures politiques souhaitées - tel que le contingentement des poids lourds - auront peut-être été adoptées.

Sept jours sur sept

Lundi, pour la toute première fois depuis l'ouverture du chantier
proprement dit, les journalistes ont pu pénétrer sous la voûte du
Gothard.

Sur place, dans une atmosphère que l'obscurité et l'humidité rendent angoissante, 50 ouvriers travaillent 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Six entreprises, cinq tessinoises et une uranaise, se partagent les travaux.

Avant d'entamer les réparations de la «zone rouge», ces ouvriers ont dû abattre 875 tonnes de plafond intermédiaire. Et démolir 680 tonnes de chaussée.
Ils ont également dû nettoyer les 17 kilomètres du tunnel. Et monter des échafaudages le long des parois pour pouvoir reconstruire la voûte qui s'était effondrée.

Aujourd'hui, les traces de fumée noire sont encore bien visibles sur les parois du tronçon ravagé par l'accident et l'incendie de cette terrible journée du 24 octobre.

L'ardoise finale de la catastrophe devrait donc être de 14 à 15 millions de francs. Elle sera réglée, en grande partie, par la Confédération. Et, pour le reste, par les deux cantons d'Uri et du Tessin.

Enfin, l'assurance accident du camion responsable de la collision prendra à sa charge les indemnisations des familles des victimes.

Gemma d'Urso, Airolo

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