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Les Chinois lèvent le tabou des droits humains

L'ambassadeur Peter Maurer est satisfait de l'évolution de la position chinoise sur les droits humains.

(Keystone)

La Chine est prête à discuter des droits de l'homme et de leurs abus, estime l'ambassadeur Peter Maurer, qui a accueilli une délégation chinoise ce week-end en Suisse.

La gestion des minorités a été au centre des discussions, exemple jurassien à l'appui.

La situation dans les prisons, le droit des minorités, la liberté religieuse ou encore la peine de mort ont notamment été abordés lors du 7e round de ces rencontres annuelles.

Les experts chinois ont examiné comment Berne met en oeuvre les normes internationales dans ces domaines, a indiqué lundi à la presse M. Maurer, qui dirigeait la délégation suisse.

Le chef de la division politique IV au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) estime que la Chine est prête à engager un dialogue critique sur les droits de l'homme.

«Ce qui a changé depuis cinq ou dix ans, dit Peter Maurer, c'est que Pékin a reconnu l'existence de problèmes et est d'accord de les aborder dans le détail.»

Un changement d’attitude

Le patron de la division politique IV reconnaît toutefois que si le droit chinois a été largement adapté aux normes internationales, surtout depuis que la Chine est membre de l'OMC, la pratique laisse encore à désirer.

«Les Chinois ont fondamentalement changé d’attitude à l’égard des droits humains, explique l’ambassadeur à swissinfo. Au début des années 90, ils étaient encore très sceptiques ou refusaient même de les évoquer. Or, aujourd’hui, ils acceptent le fait qu’ils doivent s’adapter aux normes internationales.»

Ainsi, la Chine a pré-ratifié le Pacte I de l'ONU sur les droits économiques et sociaux. Mais, selon M. Maurer, «elle cherche à se ménager une réserve quant au droit de grève. Pékin «n'est pas prêt».

La définition de ce qui constitue un délit pose aussi problème. La notion de liberté d'opinion, par exemple, a été considérablement élargie ces dernières années en Chine.

Mais, selon l’ambassadeur, les restrictions imposées par le gouvernement à l'usage de l'Internet témoignent du chemin qu'il reste encore à faire.

De même, la proportionnalité de la punition doit encore faire l'objet d'une réflexion. Si la peine de mort a récemment été abolie pour les mineurs, de nombreux Chinois sont toujours maintenus en détention sans procès dans le cadre des programmes de «rééducation à travers le travail».

De nouvelles minorités

La délégation chinoise s'est également rendue dans le Jura, où elle a pu se renseigner sur le processus de création du canton. «Les Chinois ont eux-mêmes fait le lien avec la question du Tibet ou de Taïwan», relève Peter Maurer.

Et d’ajouter: «Nous leur avons montré que l'on peut gérer les minorités de manière paisible dans une société multinationale».

Les hôtes chinois se sont enfin intéressés aux disfonctionnements du modèle helvétique. «Nous avons présenté les problèmes que nous rencontrons avec l'émergence de nouvelles minorités plus difficiles à intégrer», précise M. Maurer.

Le canton de Bâle-Ville, qui comprend une forte proportion d'immigrés, a été choisi comme exemple de ces nouveaux défis.

swissinfo et les agences


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