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Les derniers cas de grippe aviaire sans danger

Les autorités sanitaires font des tests sur les oiseaux sauvages.

(Keystone)

Les autorités suisses veulent éviter toute panique liée aux cas roumains et turcs de peste aviaire. Elles réaffirment avoir pris des mesures adéquates.

La Suisse se veut moins alarmiste que les organisations internationales. Elle veut être sûre que ses mises en garde seraient entendues par la population si le danger devait devenir réel.

«La grippe aviaire ne représente actuellement aucun danger pour la population suisse.» Cette mise au point émane de Flavia Schlegel, vice-directricede l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

«Il est inutile de se munir de masques de protection», a-t-elle ajouté devant les journalistes invités à une conférence de presse mardi à Berne.

L'OFSP a donc réagissant à une certaine nervosité provoquée en Suisse par l'annonce de la découverte d'oiseaux malades en Roumanie et en Turquie ce week-end.

Pas de scénario catastrophe

Il a répété qu'il était conseillé aux personnes en contact professionnellement avec des volailles de se faire vacciner avec le traitement traditionnel contre la grippe. Comme du reste les personnes âgées, les malades chroniques et le personnel médical, qui se font vacciner automatiquement chaque année.

L'OFSP a indiqué de même que l'utilisation préventive du médicament antiviral Tamiflu n'est pas nécessaire. La période de protection ne dure que cinq semaines et les effets secondaires sont importants.

Avant d'envisager ce scénario «catastrophe», les autorités se disent convaincues d'avoir pris les mesures nécessaires. Et de citer les interdictions d'importations de produits ovipares prises à l'encontre de certains pays, les contrôles renforcés aux frontières et aux aéroports, l'observation des oiseaux migrateurs, les conseils aux éleveurs et l'information aux touristes qui se rendent dans des pays à risque.

Une maladie animale

La grippe aviaire est une maladie qui touche les animaux, a précisé le directeur de l'Office vétérinaire fédéral (OVF), Hans Wyss. «Elle représente un danger potentiel pour les humains, mais elle reste une épizootie», a-t-il insisté, soulignant qu'il n'y avait aucun cas jusqu'ici de transmission d'homme à homme.

Par mesure de prévention, l'OFV a décidé lundi d'interdire temporairement les importations en provenance de Roumanie et de Turquie, les cas de grippe aviaire signalés dans ces pays n'ayant pas encore été confirmés.

Le but est d'éviter la propagation du virus de la grippe aviaire à la volaille helvétique. Une telle interdiction existe déjà depuis janvier 2004 pour les pays d'Asie touchés par le virus H5N1.

Christian Griot, chef virologue à l'Institut de virologie et d'immunoprophylaxie (IVI), a indiqué à swissinfo que les oiseaux sauvages font l'objet de test. Pour ce qui est des oiseaux migrateurs, leur route transitant par la Turquie et la Roumanie ne passe pas par la Suisse.

Le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a entraîné en Asie la mort de millions de volatiles et d'une soixantaine d'êtres humains depuis fin 2003, est considéré comme un des «meilleurs candidats» pour devenir un virus pandémique s'il s'adapte à l'homme.

Les cas de grippe aviaire recensés ces derniers jours en Roumanie et en Turquie font actuellement l'objet de tests de confirmation dans un laboratoire britannique.

L'approche internationale

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lance des mises en garde régulières toutes les 4 à 5 semaines sur les dangers d'une pandémie de grippe aviaire.

Se montre-t-elle trop alarmiste? Dick Thompson, porte-parole de l'OMS, répond qu'il ne «s'agit pas de créer la panique mais de donner une information réaliste sur la menace».

«Il est possible que la pandémie ne se déclare que dans 30 ans et peut-être que c'est pour l'année prochaine et qu'elle sera très modérée, a-t-il poursuivi pour swissinfo. Mais notre responsabilité est de nous assurer que les gouvernements continuent de préparer des mesures de protection.»

La Suisse se montre-t-elle alors trop peu alarmiste? Christian Griot reconnaît que l'OMS lance des avertissements réguliers.

«Mais le risque de cette stratégie est qu'à la longue, les gens ne vous écoutent plus, a-t-il indiqué à swissinfo. Notre stratégie est de limiter nos messages afin d'être sûrs d'être entendus si le danger devient réel.»

swissinfo et les agences

Faits

Apparue en Corée du Sud en 2003 après une première alerte maîtrisée à Hong Kong en 1997, l'épizootie de peste aviaire a été détectée sur des oiseaux en Turquie et en Roumanie, après 12 pays asiatiques, le Kazakhstan et la Russie.
Elle est provoquée par deux des 15 sous-types de virus connus chez les oiseaux, les H5 et H7 réputés dangereux.
Depuis fin 2003, elle a fait 65 morts en Asie, pour la plupart des personnes en contact avec des oiseaux.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'une pandémie pourrait faire 2 à 7,4 millions de morts.

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En bref

- Le gouvernement doit décider d'ici à la fin de l'année des mesures à prendre en cas de pandémie, notamment de la création de réserves obligatoires de médicaments.

- Les experts estiment que le seul coût du stockage du médicament devrait atteindre 14 millions de francs. Un fonds de pandémie de 2,7 millions a été créé.

- Cet argent a pu être récupéré sur celui consacré aux réserves obligatoires de lubrifiant pour machines, lesquelles ont été supprimées pour la période 2004-2007.

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