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Les Etats-Unis au secours du secret bancaire helvétique

Le secret bancaire a permis d’attirer en Suisse des centaines de milliards de dollars de fonds étrangers. Keystone Archive

Les pressions de Bruxelles sur le secret bancaire pourraient s'avérer vaines. La Suisse vient de se trouver un allié inattendu.

Ce contenu a été publié le 25 juillet 2002 - 17:45

Jusqu'ici, la Suisse a résisté seule aux pressions de l'Union européenne (UE). Désormais, elle va pouvoir compter sur un coup de pouce inespéré de la part des Etats-Unis.

Les Quinze entendent intensifier sa lutte contre l'évasion fiscale. Pour ce faire, l'UE tente de persuader les pays tiers de lui fournir des informations sur les avoirs bancaires à l'étranger de ses ressortissants.

Une exigence qui menace les règles de confidentialité qu'appliquent les banques helvétiques. Et qui risque - si elle est appliquée - d'affaiblir la position de la place financière helvétique.

«Dernier clou dans le cercueil»

Or, il semble que l'administration Bush ne soit pas prête à accepter les directives de l'UE.

La chose n'est pas encore confirmée. Mais le Wall Street Journal s'attend à une prise de position officielle de la Maison Blanche dans les prochains jours.

A Washington, on estime qu'une telle décision renforcerait notablement la position de pays tels que la Suisse - voire de certains membres de l'UE - qui entendent résister aux pressions de Bruxelles.

De manière plus imagée, certains commentateurs américains n'hésitent pas à dire que la prise de position de l'administration Bush sera «le dernier clou dans le cercueil» du projet de l'Union européenne.

Rien ne se fera sans la Suisse

D'ailleurs, de source proche des négociateurs suisses à Bruxelles, on affirme que l'UE se prépare déjà à faire le deuil de sa proposition.

Si l'Europe ne parvient pas à convaincre les pays tiers - comme la Suisse ou les Etats-Unis - de s'associer à elle, sa démarche deviendra caduque.

Récemment James Nason, de l'Association suisse des banquiers affirmait à swissinfo que sans la Suisse, le régime fiscal que projette l'UE n'avait pratiquement aucune chance de s'imposer.

«Les pays de l'UE veulent un système d'échange automatique d'informations qui soit opérationnel pour l'année prochaine, expliquait James Nason. Mais sa mise en place dépend directement de la collaboration de pays non-membres de l'Union, comme la Suisse.»

Pas négociable

En guise d'alternative, Berne propose un prélèvement qui serait effectué sur les intérêts des avoirs placés en Suisse par les citoyens de l'UE et ensuite rétrocédé à Bruxelles.

Ce système préserverait le secret bancaire, puisque aucune information ne serait donnée sur les titulaires des comptes.

Le gouvernement suisse a longtemps considéré le secret bancaire comme non négociable.

Et pour cause, le secteur financier participe pour 12% au produit intérieur brut du pays.

Et les banques suisses gèrent environ 35% des 2000 milliards de dollars que représentent au niveau mondial les placements privés et institutionnels effectués hors du pays de domicile.

Conspiration américano-helvétique

Vu de Bruxelles, on pourrait presque se demander si la Suisse et les Etats-Unis n'ont pas conspiré ensemble contre le grand plan fiscal voulu par l'Union.

Dans le camp helvétique, on admet en privé que les positions des deux pays sont désormais pratiquement identiques.

Tant à Berne qu'à Washington, on considère que le moyen le plus efficace de combattre l'évasion fiscale est de baisser les impôts, plutôt que de durcir la législation.

Certes le secret bancaire a empoisonné les relations américano-helvétiques à l'époque de l'affaire des fonds en déshérence. Mais, aujourd'hui, Washington ne considère plus sa levée comme une priorité.

Depuis les attentats du 11 septembre, tous les officiels américains de haut rang qui sont venus en Suisse ont loué la collaboration helvétique dans la lutte contre le terrorisme.

Mieux, ils ont souligné le fait que le secret bancaire n'avait jamais constitué un obstacle.

swissinfo

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