Les Etats-Unis déterminés

Le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld est convaincu que les taliban savent où se cache ben Laden. Keystone

Le régime de Kaboul, qui déclare avoir perdu la trace de ben Laden, se préparait ce week-end à une attaque des forces américaines. Washington, qui a déployé un impressionnant dispositif aérien et naval dans la région, a encore renforcé son alliance avec le Pakistan en levant les sanctions contre ce pays.

Ce contenu a été publié le 23 septembre 2001 - 23:36

Les taliban se sont mis à distribuer des armes dans des zones frontalières stratégiques, à installer des batteries de missiles anti-aériens et à construire des bunkers, ont déclaré dimanche des témoins et des sources autorisées. Ils ont notamment renforcé la frontière avec le Pakistan, de la province de Nangahar à celle de Kandahar.

C'est là que pourraient se cacher Oussama ben Laden, considéré par les Etats-Unis comme le principal suspect des attentats du 11 septembre. Le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld est convaincu que les taliban savent où se cache le terroriste en dépit des dénégations de Kaboul.

«L'annonce de la disparition de ben Laden ne détournera de toute façon pas Washington de sa détermination à intervenir», a affirmé Condoleezza Rice, conseillère du président George W. Bush pour la Sécurité nationale.

Déploiement naval et aérien

Un impressionnant dispositif aérien et naval, essentiellement américain, a continué de se mettre en place près de l'Afghanistan. En Ouzbékistan, frontalier de l'Afghanistan, des avions américains de surveillance électronique sont déjà en opération depuis une base aérienne proche de Tachkent.

Dans l'Océan indien, deux porte-avions américains doivent être rejoints par le Theodore Roosevelt et le Kitty Hawk, partis respectivement des Etats-Unis et du Japon. Un contingent de 2200 Marines a quitté le sol américain jeudi et au moins une centaine d'avions militaires a été envoyée sur place.

Sanctions levées

Par ailleurs, Washington s'est assuré la coopération du Pakistan en levant les sanctions contre ce pays et contre l'Inde. Ces mesures leur avaient été imposées après leurs essais nucléaires en 1998. Cependant, plusieurs Etats du Golfe comme l'Arabie saoudite se montrent réticents à accueillir des renforts militaires américains.

Selon Corinne Lepetit, correspondante de swissinfo à Islamabad, cette annonce risque de donner du grain à moudre aux islamistes radicaux, qui accusent le président Musharraf de s'être «vendu» aux Américains.

Depuis le début de la crise, les milieux d'affaires, et plus généralement l'élite bourgeoise pakistanaise, se frottent les mains, espérant bien tirer profit de la situation, après dix ans d'enlisement économique, dû en partie à l'arrêt de l'aide américaine après la chute de l'empire soviétique.

Allié très proche des Etats-Unis pendant la guerre froide, le Pakistan a longtemps été le troisième récipiendaire de l'aide américaine dans le monde, après Israël et l'Egypte. Mais la manne s'est tarie dès 1990 et, depuis lors, les liens entre les deux pays n'ont cessé de se distendre.

Le Pakistan espère dorénavant obtenir un rééchelonnement de sa dette auprès du Club de Paris ainsi que le soutien de Washington dans ses négociations avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Les taliban persistent

Malgré son isolement quasi total, le régime taliban a réaffirmé son refus de livrer ben Laden. «La demande américaine n'est acceptable pour aucun musulman afghan et nous ne sommes pas prêts à l'accepter», a réaffirmé Abdul Hai Mutmaeen, porte-parole du chef suprême des taliban, le mollah Mohammad Omar.

Aucune confrontation directe n'a pour l'heure été rapportée de source officielle. Même si le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a reconnu des activités au moins à deux niveaux en Afghanistan: d'abord des vols de reconnaissance de drones, d'autre part un appui à l'opposition armée au pouvoir à Kaboul.

Les Etats-Unis ont d'ailleurs reconnu dimanche la perte d'un avion espion sans pilote (drone) au-dessus de l'Afghanistan. D'intenses combats faisaient par ailleurs rage dans le nord de l'Afghanistan entre l'opposition et les taliban. Un second engin pourrait également avoir été abattu par les taliban.

Un exode massif

Des milliers de civils afghans ont commencé à fuir ces derniers jours en direction des pays limitrophes. Les organisations humanitaires estiment que le nombre de réfugiés pourrait atteindre 1,5 million. L'Unicef va acheminer de l'aide humanitaire par avion dès lundi.

Plus d'espoir à New York

A New York, les sauveteurs continuent leur travail dans les décombres des tours jumelles du World Trade Center. Mais il ne reste presque plus d'espoir, douze jours après les attentats, de retrouver un survivant.

Neuf nouveaux corps ont été dégagés, ce qui porte à 261 le nombre de décès confirmés, selon un nouveau bilan donné samedi. Le nombre de disparus reste de 6333 personnes. Les attentats aux Etats- Unis ont fait près de 7000 morts ou disparus.

Le président George Bush a d'ailleurs assisté à Camp David, la main posée sur le cœur, à la cérémonie de la montée des couleurs mettant fin à la période de deuil national décrétée après les attentats-suicides. Il est ensuite revenu à la Maison Blanche.

A New York, le Yankee Stadium a oublié dimanche le bruit et la fureur des matches de baseball pour accueillir des milliers de personnes venues prier en hommage aux morts et disparus.

Une menace de nouveaux attentats

La crainte de nouveaux attentats s'est ravivée à l'annonce de nouveaux actes terroristes cette semaine, selon l'agence japonaise Jiji. Les Etats-Unis voire des alliés de l'OTAN pourraient être visés. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a admis que le réseau de ben Laden comprenait «plusieurs milliers de personnes» à travers le monde.

swissinfo avec les agences

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