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Les exportateurs suisses s'inquiètent des retombées de la crise énergétique au Brésil

Ombres inquiètes des investisseurs à la Bourse de Sao Paulo. Le Brésil, dont 87% de l'énergie est hydraulique, est au bord de l'état d'urgence.

(Keystone)

Après avoir abordé des dossiers techniques avec le gouvernement brésilien, le secrétaire d'Etat David Syz a achevé sa visite de trois jours en rencontrant des hommes d'affaires suisses vendredi à São Paulo. C'est que le Brésil affronte une grave pénurie d'électricité, qui risque d'entraver les échanges entre les deux pays.

Ce n'est pas la peine d'acheter des machines s'il n'y a pas de courant pour les faire tourner... C'est en substance le message reçu par les fabricants suisses de machines-outils, qui figurent traditionnellement parmi les plus grands exportateurs helvétiques au Brésil. Ce secteur très dynamique risque ainsi de faire les frais des sévères mesures d'économie d'énergie devant entrer en vigueur dans les prochains jours.

Très dépendant de l'énergie hydraulique, le Brésil risque en effet un véritable état d'urgence en matière d'énergie en raison des faibles pluies de ces dernières années et de l'insuffisance des investissements dans la production d'électricité. Résultat: dès le 1er juin, les entreprises et les ménages devront réduire leur consommation d'électricité de 20% pour éviter un effondrement général du système.

Dans un tel contexte, plusieurs clients des exportateurs suisses ont reporté leurs commandes en raison de la crise. C'est ce qu'affirme Kurt Meier, chef de division à Swissmem, centre de l'Industrie Suisse des Machines, des Équipements Électriques et des Métaux, en marge de la visite de David Syz à São Paulo.

Les exportations de machinec-outils vers le Brésil se sont élevées à 340 millions de francs l'an dernier, soit plus d'un quart de l'ensemble des ventes de la Suisse à ce pays. Les perspectives de croissance de ce secteur doit à présent être revu à la baisse, après avoir enregistré un rythme de l'ordre de 20% par année.

D'autant plus inquiétant que la période de rationnement pourrait se prolonger jusqu'à Noël, voire même jusqu'en 2002.

Thierry Ogier, Sao Paulo

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