Les familles d'immigrés: une chance pour la Suisse

La COFF estime que les familles jouent un rôle primordial. RTS

La Confédération doit donner une meilleure image des familles d'immigrés, dont la présence peut apporter dynamisme et innovation à la société.

Ce contenu a été publié le 17 décembre 2002 - 16:07

C'est une des recommandations de la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales.

Les familles jouent un rôle primordial dans l'immigration. Mais le débat public sur la question tend à minimiser ce rôle. Forte de ce constat, la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF) interpelle les autorités et leur demande de travailler à corriger ce déséquilibre.

Mardi, la Commission a présenté à Berne son étude «Familles et migration», un document de 120 pages qui analyse les situations des familles migrantes en Suisse du point de vue psychosocial et juridique.

«Ce document vise à influencer les politiciens et les autorités», explique Jürg Krummenacher, président de la COFF.

Un potentiel d'innovation

La famille intervient pendant tout le processus de migration, de la décision de quitter le pays d'origine à l'intégration dans le pays d'accueil, souligne la Commission.

La COFF demande donc aux autorités de mettre en valeur les efforts d'intégration consentis par les familles. D'autant que, comme on peut le lire dans l'étude, «les familles migrantes représentent un important potentiel d'innovation pour la société d'accueil.»

Au chapitre de l'intégration, la Commission recommande de soutenir également les activités que les organisations de migrants mettent elles-mêmes sur pied. «Au lieu d'organiser des choses pour eux, nous devrions planifier des choses avec eux», résume Ruth Calderon-Grossenbacher, co-auteur de l'étude.

Une chance plus qu'une menace

«En Suisse, nous n'avons pas réellement de politique d'information sur les migrations, déplore Jürg Krummenacher. Les autorités devraient dire à la population toute la richesse et le potentiel que représentent ces familles.»

Le président de la COFF illustre son propos par un exemple: les étrangers contribuent pour près de 25% au total des cotisations versées aux assurances sociales, alors qu'ils ne reçoivent que 12% des prestations.

«Trop souvent, la discussion sur l'immigration se focalise sur les problèmes que cause une petite minorité d'étrangers. Il faut absolument l'aborder sous d'autres angles», plaide encore Jürg Krummenacher.

Sans oublier, comme le souligne Philippe Wanner, autre co-auteur de l'étude, que les familles étrangères permettent de compenser en partie le déficit démographique enregistré chez les familles indigènes.

Naturalisation facilitée

L'étude de la Commission contient également un tableau de la situation économique des familles étrangères. Et sans surprise, on y voit que les immigrés font souvent partie des couches les plus pauvres de la population résidant en Suisse.

«Les familles étrangères sont, à de nombreux égards, nettement plus défavorisées que les familles indigènes: les étrangers gagnent en moyenne 27% de moins que les Suisses», relève encore le président de la COFF.

Enfin, avec d'autre milieux, la Commission se prononce clairement en faveur d'une naturalisation facilitée des étrangers et de la levée de certaines entraves au regroupement familial.

swissinfo avec les agences

Faits

En Suisse, 21,2% de la population est étrangère.
En Europe occidentale, seuls le Luxembourg et le Liechtenstein ont une proportion d'étrangers plus élevée.
60% des étrangers qui arrivent en Suisse y viennent pour rejoindre leur famille.

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