Les jeunes de 15 à 25 ans s'informent de moins en moins sur les questions politiques et l'actualité. Ils ont aussi de la peine à voir l'importance de la politique pour leur vie quotidienne. C'est ce qui ressort du moniteur politique 2018 publié jeudi par easyvote.

Moins de la moitié des sondés estime que le Parlement prend des décisions importantes pour leur quotidien. En 2014, cet argument récoltait encore près de 70% d'avis favorables.

L'institut gfs.bern, qui a réalisé l'étude, a demandé aux jeunes de dire s'ils étaient d'accord avec une série d'arguments, certains en faveur d'une participation aux élections, d'autres contre. A l'instar de l'argument relatif au Parlement, tous les arguments en faveur d'une participation ont connu une baisse d'opinions favorables par rapport à 2014.

Les arguments en défaveur d'une participation sont restés relativement stables. Celui qui arrive en tête (47%) est qu'aucun parti ne représente leurs intérêts. L'importance plus grande d'un engagement spontané est également évoquée.

Désintérêt pour l'actualité

La politique étrangère est le thème politique qui intéresse le plus les jeunes (49%). Il est suivi par les questions de migration et d'asile. Viennent ensuite l'égalité entre hommes et femmes et l'environnement. A noter que l'étude a été réalisé l'année passée, avant l'émergence des grèves pour le climat. La politique suisse n'arrive qu'en sixième position.

Depuis 2014, la proportion de jeunes qui s'informent régulièrement sur les thèmes politiques via les médias a diminué. La part de ceux qui s'informent plusieurs fois par jour est passée de 18% à 10% et les adeptes d'une information quotidienne de 26% à 23%.

Dans le même temps, la part de ceux et celles qui ne s'informent jamais ou moins d'une fois par semaine a crû. Elle a bondi respectivement de 8% à 11% et de 21% à 27%.

Influence primordiale des proches

Ce désamour pour l'actualité se reflète également dans les canaux de communication utilisés par les jeunes pour s'informer avant les votations. Les médias traditionnels tels que la TV, la radio et les journaux écrits ont connu une baisse depuis 2016.

La perte d'influence de ces canaux d'information n'est pas compensée par de nouveaux médias tels que YouTube, Instagram ou Twitter, soulignent les auteurs de l'étude. Et de pointer l'effondrement subi par Facebook depuis 2016. Alors que 13% des jeunes avaient indiqué le réseau social comme source d'information en 2016, ils n'étaient plus que 5% l'an passé.

L'école (33%) et les parents (24%) restent les principales sources d'information. Ce sont également eux qui sont le plus à même de motiver les jeunes à agir. Interrogés sur la personne qui les avait incités à entreprendre leur dernière activité politique ou qui pourrait le faire à l'avenir, les jeunes ont été 44% à mentionner leurs parents ou d'autres proches adultes.

Les enseignants arrivent en seconde position (35%) suivis par les amis (31%). Les camarades de classe (19%) ferment le podium, au pied duquel se trouvent les influenceurs (18%). L'implication de ces derniers sur des thèmes politiques divise toutefois les jeunes: 37% estiment qu'ils devraient le faire, 44% que non.

Intentions de vote

Elections fédérales obligent, les jeunes ont été questionnés sur leurs intentions pour cette échéance. La moitié d'entre eux prévoient de se rendre aux urnes; un peu plus d'un quart (27%) envisagent "plutôt" de le faire alors qu'un quart participera "certainement".

Ces chiffres ne sont pas de bon augure car la participation effective est généralement bien plus basse que les intentions annoncées. En 2014, près de 70% des 18-25 ans interrogés prévoyaient de glisser un bulletin dans l'urne. Au final, le taux de participation de cette tranche d'âge a plafonné à 30%.

Augmenter le taux de participation de ces jeunes électeurs est l'objectif d'easyvote, qui est un projet un projet de la Fédération des parlements de jeunes (FSJP).

Cette étude a été réalisée en octobre et novembre 2018 auprès de 1764 élèves âgés de 15 à 25 ans. Les résultats ont été pondérés en fonction de la région linguistique, du type d'établissement et du sexe. La marge d'erreur est de +/- 2,4%.

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