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Les liens sociaux se nouent dans les sociétés musicales

Les fanfares n'ont pas de mal à assurer la relève. Ici des jeunes joueurs de la fanfare de Guin (FR).

(Keystone)

La deuxième moitié de la 31e Fête fédérale de musique déroule ses fastes, ce week-end à Fribourg. L'occasion de se pencher sur ce qui motive et lie les Suisses au sein de leur société musicale. Comme celle des Martinets de Cottens (FR).

«La provenance sociale des musiciens est variée, explique Joseph Zinner, président de l'Association suisse des musiques, il peut y avoir un directeur et un apprenti, une étudiante et une vendeuse.»

«Et puisque l'on parle des femmes, il y a des décennies qu'elles sont actives dans les sociétés de musique en Suisse. Seule la Landwehr de Fribourg ne les a accueillies que récemment.»

Paulette Richoz, 43 ans, mère au foyer avec deux enfants, est entrée à 15 ans comme tambour dans la fanfare Les Martinets de Cottens (FR). «Notre père en était le fondateur. Notre cousin y jouait du tambour. Et ma sœur et moi avions très envie de faire partie d'une société.»

L'actuel président de la fanfare Les Martinets, Frédéric Siffert, 30 ans, est, au contraire, entré un peu par hasard dans la société musicale de Cottens.

«Lorsque j'avais 8 ans, des représentants de ladite fanfare étaient venus à l'école nous demander qui était intéressé à faire de la musique. Ils nous avaient même présenté leurs instruments...»

«Très vite, j'ai donc pris des cours avec le directeur des Martinets qui avait une école de musique». Et cela fait maintenant seize ans que Frédéric Siffert joue de la clarinette pour Les Martinets, tout en vivant en concubinage et en opérant comme conseiller personnel.

«Je tiens tout de même à dire que c'est le président des Martinets en personne qui est venu me rechercher quelques temps après que j'ai quitté la fanfare sur un coup de tête. Il faut dire que j'étais alors en pleine crise d'adolescence!»

Philippe Nicolet a, lui aussi, suivi durant deux ans l'école musicale des Martinets. «Mon père, musicien, m'a encouragé à l'imiter. Car, pour nous, l'esprit de camaraderie, c'est important!»

A 39 ans, Philippe Nicolet joue toujours du cornet dans Les Martinets. Il vit à Lentigny, village voisin de Cottens. Il a deux enfants et travaille comme employé fédéral à l'Arsenal de Bulle.

Mais le plus ancien des trente musiciens des Martinets est Albert Perret, 70 ans, ancien chauffeur poids lourd, aujourd'hui retraité et sacristain. Il se souvient: «Je suis entré dans Les Martinets en janvier 1948, lors de la fondation de la fanfare».

«Vous comprenez, mon père avait joué dans la fanfare de l'Armée suisse, Bataillon 164, durant la mobilisation de la Seconde guerre mondiale. Et à l'époque, vous savez, il n'y avait pas tant de ces sociétés dans le village de Cottens (900 habitants aujourd'hui).»

«Aujourd'hui, dans notre fanfare, tout le monde se tutoie. Nous sommes une équipe soudée. Et, entre nous, nous ne faisons pas de différences d'âges ou de sexes.»

Et pour évoquer les liens d'amitié qui se tissent dans une société: «Le soir de la fête des 25 ans de la société Les Martinets, dont j'étais à l'époque le président, un jeune de nos musiciens est décédé sur la route. Cela m'a fait mal durant longtemps».

«Aujourd'hui, vu mon manque de souffle, je me contente de tenir le deuxième euphonium. Je laisse le premier baryton aux plus jeunes.»

Oui, la relève est assurée dans la fanfare Les Martinets, qui a concouru, le week-end passé, en 3e catégorie de la Fête fédérale. A 12 ans, Mathias Jaquier en est le plus jeune musicien.

«Comme mon grand frère faisait déjà du saxo, je me suis mis au cornet». Ce que Mathias aime le plus dans la société Les Martinets? «L'ambiance qu'il y a et la musique qu'on joue!» Son but? «Rester le plus longtemps possible dans ma fanfare!»

Emmanuel Manzi


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