Les médicaments...un droit pour le Sud

Faute d'assez de médicaments, les pays du Sud sont encore confrontés à des maladies comme la lèpre. Keystone Archive

Médecins Sans Frontières maintient la pression sur la Suisse et ses entreprises pharmaceutiques. Pour faciliter l'accès du Sud aux médicaments.

Ce contenu a été publié le 01 mai 2002 - 19:02

«Toutes les deux minutes, un être humain meurt, car il n'a pas accès aux médicaments essentiels», assène Médecins Sans Frontières (MSF) dans sa campagne de sensibilisation. Une hécatombe qui frappe essentiellement les pays du Sud.

«Chaque année, près de 17 millions de personnes dans le monde meurent des suites d'une maladie infectieuse. 97% des décès surviennent dans les pays en développement», insiste l'organisation d'aide médicale internationale.

Favoriser la recherche

Fort de ce constat, la section suisse de MSF appelle solennellement le gouvernement suisse à mettre en place une politique globale de santé à l'égard des pays pauvres.

«Le gouvernement devrait mieux coordonner les efforts qu'il entreprend dans ce domaine, que ce soit en matière de santé publique, de mesures économiques, de recherche ou de propriété intellectuelle», précise Leila Kramis, porte-parole de MSF.

La Confédération devrait également favoriser la recherche dans le domaine des maladies tropicales, un domaine négligé faute de rentabilité suffisante. «Sur plus de 1300 nouvelles molécules chimiques mises au point au cours de ces 25 dernières années, seules 16 d'entre elles l'ont été pour des maladies tropicales», souligne l'ONG.

«Pour ce faire, le gouvernement suisse doit également approfondir le dialogue avec l'industrie pharmaceutique», poursuit Leila Kramis. Un secteur qui, de son côté, doit reconnaître l'intérêt public de ces médicaments et pas seulement tenir compte de leur valeur marchande.

Concrètement, MSF attend des groupes pharmaceutiques suisses qu'ils baissent leur prix pour les médicaments destinés aux pays pauvres.

Un engagement déjà pris

De fait, l'appel lancé par MSF a déjà été entendu, du moins partiellement. Et ce, au plus haut niveau, lors de la conférence ministérielle de l'OMC à Doha en novembre dernier.

Les ministres réunis dans la capitale qatarie se sont en effet engagés à assouplir le droit des brevets sur les médicaments. Une mesure sensée faciliter l'accès des pays pauvres aux médicaments essentiels.

MSF avait d'ailleurs salué en son temps cette avancée. Mais l'ONG entend maintenir la pression pour que cet engagement ne reste pas lettre morte.

swissinfo/Frédéric Burnand à Genève

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