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Les Moonraisers à l’heure du calendrier maya

Jaba, leader des Moonraisers, qui fêteront leurs 20 ans d'existence en... 2012.

(swissinfo.ch)

Après 18 années d’existence et des centaines de concerts aux quatre coins de l’Europe, les Moonraisers, reggaemen neuchâtelois, abordent un projet original intitulé «21.12.2012». Rencontre avec Jaba, l’âme du groupe.

Le solstice d’hiver 2012… la fin du calendrier maya… la fin du monde, selon le brouhaha de superstitions qui hante Internet et l’édition.

Surfant sur la date chère au réalisateur Roland Emmerich, Jaba et les Moonraisers s’en emparent.

Quoi, Jaba croirait-il à cette charlatanesque fin du monde? Non. Mais ce qu’il projette sur l’affaire, lui, c’est surtout que toute fin est aussi un début…

Constatant que le CD traditionnel est moribond et que les jeunes consomment la musique autrement, Jaba et son équipe saisissent l’occasion de cette date devenue fameuse pour inventer un nouveau mode de production et de distribution. Et monter un happening artistique à la fois sympathique et malin.

Dès ce 22 novembre 2010 en effet, les Moonraisers vont publier online, tous les 40 jours, une nouvelle chanson, ayant un lien plus ou moins étroit, plus ou moins lointain, avec un «archétype maya». Horizon final du projet, le 21.12.2012, date de la sortie de l’album et d’une grande fête organisée à Neuchâtel, la ville qui a vu naître le groupe.

swissinfo.ch: Le premier titre de «21.12.2012» sort ce 22 novembre. Mais on imagine que tous les autres ne sont pas encore composés…

Jaba: C’est cela qui est intéressant: on enregistrera au fur et à mesure, en quatre étapes. On sera donc plus proches de l’actualité et des gens, et ce sera beaucoup plus immédiat pour nous. Réaliser un album, c’est très long. Le temps de le préparer, de l’enregistrer, de le sortir, que les gens connaissent les morceaux, cela prend des années. On peut donc se retrouver à jouer des chansons qui datent d’une époque où on ne voyait peut-être pas la musique de la même façon. Là, cela nous permettra de jouer la musique qu’on a envie de faire sur le moment.

swissinfo.ch: L’effondrement du marché du disque, en ce qui vous concerne, est donc plutôt stimulant. Les crises poussent au «système D»?

J.: Avoir un groupe, organiser des concerts, tout est basé sur la résolution de problèmes! Pour arriver au moment où tout le monde est réuni sur scène, que tout fonctionne, jusqu’au dernier câble, c’est finalement là que réside l’art ! (rires) De toute façon, dans la musique, il faut être inventif!

swissinfo.ch: «Babylon Confess» est le premier titre à paraître. Pourquoi celui-ci?

J.: C’est un morceau qui parle de changement: la vérité plutôt que le fait de cacher les choses. Musicalement, c’est un titre qui est en plein dans ce qu’on appelle le «moonstyle reggae», à la fois électro et reggae. Autant dans son propos que dans sa forme, je crois qu’il ouvre bien notre projet.

swissinfo.ch: «Babylon», un mot important de la mythologie politique du reggae… Quelle place tient pour vous la philosophie rastafari qui sous-tend le reggae originel?

J.: Le reggae, c’est la musique, le rastafari, c’est la religion... On a souvent l’impression que le reggae se limite au soleil et à la plage, au bonheur. Pourtant le reggae est une musique d’esclaves, de révolte contre l’oppression. Dans l’ensemble, je suis assez influencé par les messages, la culture du reggae. «Babylon», c’est un mot qui a aussi été utilisé par d’autres courants, les punks notamment. Le «Babylon system» ne relève pas seulement du présent, il y a longtemps qu’il est là: en gros, c’est ce mauvais côté de l’humain qui essaie de contrôler les autres…

swissinfo.ch: Dans votre projet «21.12.2012», chaque chanson correspondra à un «archétype maya» et sa publication sera accompagnée d’une action humanitaire, écologique ou autre… Comment cela va-t-il se passer?

J.: A chaque jour du calendrier maya correspond une planète et un thème. Nous allons essayer d’adapter le mieux possible chaque morceau à un archétype. Et d’y associer – ou de laisser les gens y associer – une action. C’est le «jeu» que nous lançons sur notre site, qui vise à rassembler le maximum de «good vibes» possible, à donner un exemple de ce que le nouveau monde pourrait être. Notre première action sera de nous associer à «Secours d’hiver», qui rassemble des vêtements, des fonds, de la nourriture pour des gens qui en ont besoin, en Suisse. C’est important pour nous que cela se passe à un niveau local: la misère est souvent à côté de nous.

swissinfo.ch: Le fait que le thème du 21.12.2012 soit surexploité par les charlatans et autres voyants ne vous a-t-il pas fait hésiter à vous en emparer?

J.: On a tellement parlé de cette date que tout le monde s’est dit au moins une fois: qu’est-ce qui pourrait se passer? Mais c’est typique du système: on préfère faire peur au lieu de dire «Tiens, si c’est la fin d’un calendrier, c’est aussi le début de quelque chose, on pourrait donc essayer de faire mieux»! Même si les autres calendriers continuent, la fin d’un seul calendrier nous donne la possibilité de recommencer au début!

Face à l’état des choses, de la nature, les guerres, chacun a sans doute envie de voir un monde meilleur. Personne ne veut que son voisin crève de faim. Le problème, c’est que quand les gens descendent dans les rues, c’est «contre» la guerre au lieu d’être «pour» la paix…

swissinfo.ch: Votre principal message, c’est cela? Envisager la vie plutôt «pour» que «contre»?

J.: Si je dis non à quelque chose, il faut que je propose mieux, c’est ça, ma philosophie. Si on voit qu’une plante crève parce qu’elle n’a pas assez d’eau, il ne faut pas dire «tant pis», il faut lui donner de l’eau. Quand une journée est négative, pourquoi l’est-elle? Parce que depuis le matin on s’est dit que c’est un mauvais jour. Au lieu de s’énerver sur sa mauvaise journée, on devrait plutôt se demander comment en passer une meilleure.

Aujourd’hui, on se concentre trop sur ce qui est négatif. D’ailleurs, sur notre site, on va crééer une rubrique «good news». Et vraiment seules les «good news» y seront autorisées. Pour avoir les «bad news», il suffit d’allumer la télé!

Moonraisers

Neuchâtel. Le groupe s’est constitué en 1992 à Neuchâtel autour de Jaba, chanteur et guitariste.

Reggae. Essentiellement bâti autour du reggae, leur musique se métisse de diverses influences - funk, world, électro. Un style qu’ils ont baptisé «world’n’moon style reggae».

Jaba. Autour de Jaba - chanteur, guitariste - les Moonraisers sont une structure mouvante qui a évolué au fil des années.

Discographie.

Down Town Massive (1994)
Mirror (1996)
Wold Without wars (1997)
Legacy (1999)
Live (2001)
Human (2003)
Do The Right Step (2007)

Compile. The Story (2010) réunit 31 titres dont «Rise Up», la reprise de «Hotel California» ou les récents «Never Stop» et «Respect».

DJ Larock. Jaba collabore régulièrement avec le DJ suisse Yves Larock, auquel il prête sa voix («Rise It Up», «By Your Side»).

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Prochains concerts

27 novembre: «Reggae Revolution» Grabenhalle, St. Gall

4 décembre: Kufa, Lyss

8 janvier: Moods, Zurich

21 janvier: «Reggae Night», Schüür, Lucerne

22 janvier: «Reggae Party» , Rustico Pub, Frutigen

28 janvier: «Reggae Night», Les Docks, Lausanne

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