Les naturalisations ont connu un mini-boom en l'an 2000

La majorité des «nouveaux Suisses» sont d'origine italienne. Keystone Archive

Les naturalisations ont atteint un niveau record l'an dernier. Plus de 30 000 étrangers ont obtenu le passeport suisse, 40% de plus qu'en 1999. Selon l'Office fédéral des étrangers, les autorités ont rattrapé leur retard dans le traitement des dossiers. Il ne s'agit donc pas d'une nouvelle tendance.

Ce contenu a été publié le 17 avril 2001 - 20:26

Quelques chiffres, tout d'abord. 30 452 personnes sont devenues suisses en l'an 2000 - 20 418 par une procédure ordinaire et 9 759 par une procédure facilitée. Les 275 personnes restantes ont réintégré la nationalité suisse.

Parmi ces «nouveaux Suisses», une majorité sont Italiens (6938). Suivent des Yougoslaves (3277) et des Turcs (3133). Les Français ont été les principaux bénéficiaires de la procédure facilitée (1889).

Au total, 8754 étrangers de plus qu'en 1999 ont obtenu le passeport à croix-blanche. Une évolution due notamment au fait que les communes et les cantons ont simplifié leurs procédures.

Mais Daniel Babey, de l'Office fédéral des étrangers, estime que la principale explication se trouve ailleurs: «Ce n'est pas une nouvelle tendance. Nous avons réduit le nombre de cas en suspens.»

Du coup, les partisans d'une Suisse plus ouverte ne crient pas victoire. Auteur d'une motion qui demande au Conseil fédéral de supprimer tout risque d'arbitraire dans l'examen des demandes de naturalisation, la socialiste neuchâteloise Valérie Garbani souligne que plusieurs interpellations parlementaires exigeaient d'ailleurs la liquidation des dossiers en attente.

Le démocrate-chrétien vaudois Jacques Neirynck renchérit: «Cette explication est un passage aux aveux! En plus des obstacles connus sur le chemin de la naturalisation, il existe des chausse-trappes administratives dont on reconnaît subitement l'existence.»

Le conseiller national ajoute que, en chiffres absolus, les statistiques pour l'an 2000 restent dérisoires. «Au rythme actuel, il faudra 20 ans pour naturaliser la population qui y a droit», conclut-il.

Bref, selon ces deux politiciens, seul un changement législatif permettra une réelle évolution dans ce dossier. Et ces dernières statistiques ne remettent nullement en cause la nécessité de réformes.

A ce propos, le Conseil fédéral a mis en consultation jusqu'à fin mai une série de mesures pour faciliter l'octroi de la nationalité suisse aux étrangers. Il propose notamment d'accorder automatiquement le passeport helvétique aux étrangers de la troisième génération nés en Suisse.

Un contexte qui n'a pas échappé à l'Union démocratique du centre. Opposé au projet du gouvernement, le parti de Christoph Blocher a une lecture différente des statistiques présentées mardi.

«Les cantons ont hâté leurs procédures afin de diminuer le nombre d'étrangers en Suisse», estime en effet la porte-parole de l'UDC. Qui ajoute que, si les cantons sont libres d'agir de la sorte, la Confédération, elle, ne devrait pas suivre cet exemple.

Caroline Zuercher

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