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Les nomades de plus en plus à l'étroit en Suisse

Les aires de séjour et de transit ne sont pas assez nombreuses en Suisse

(Keystone)

Les défenseurs des tziganes veulent un plan d'action contre la discrimination. Selon eux, la situation se détériore et les mesures que propose le gouvernement sont insuffisantes.

Pour les gens du voyage, le problème numéro un est celui du logement. Il manque actuellement en Suisse des dizaines de places de séjour et de transit.

Dans un rapport rendu public le mois dernier, le Conseil fédéral (gouvernement) reconnait que le réseau actuel est insuffisant. Pour répondre aux besoins des gens du voyage suisses, il faudrait créer 29 aires de séjour et 38 aires de transit supplémentaires. A quoi s'ajouterait encore une dizaine de grandes aires de transit pour les nomades étrangers (Rom, Sinti).

«En Suisse, nous avons toujours le droit de voyager, mais pas de nous arrêter», a résumé jeudi devant les médias le représentant des gens du voyage May Bittel. Cette communauté compte 35'000 citoyens suisses, dont 3000 à 5000 sont encore itinérants. Et pour ces derniers, les difficultés sont globalement les mêmes dans tout le pays.

Appuyés par la Commission fédérale contre le racisme, les intéressés reviennent à la charge, car ils jugent les propositions officielles «insatisfaisantes».

Frilosité

Selon un arrêt du Tribunal fédéral (cour suprême), les plans cantonaux d'aménagement du territoire doivent prévoir un nombre suffisant d'aires pour que les gens du voyage puissent vivre dans le respect de leurs traditions.

Mais ces règles ne sont pas appliquées, faute de volonté politique des communes, des cantons et de la Confédération. Jeudi, les gens du voyage ont clairement dénoncé la frilosité de cette dernière, ainsi que le maque de moyens financiers.

Les politiques doivent s'engager, ont souligné tous les intervenants. «Le problème principal, ce ne sont pas les préjugés de la population, mais bien les autorités, qui pensent qu'elles doivent protéger la population", a dit Robert Huber, président de l'Association des gens du voyage.

Plan d'action

Pour corriger le tir de manière «systématique et durable", la fondation "Assurer l'avenir des gens du voyage suisses" et la Commission contre le racisme appellent le Conseil fédéral à élaborer un plan d'action. Celui-ci servira de base pour l'installation d'aires d'accueil par les cantons.

La mise à disposition de terrains de l'armée, dont 10'000 lots doivent être vendus, peut être une première réponse. Il faut qu'au moins deux d'entre eux soient transformés en aires d'accueil dans chaque canton, demande le président de la Fondation Werner Niederer. Mais, pour le long terme, les cantons doivent aussi prendre l'initiative, a-t-il insisté.

Autre revendication, le stationnement sur sol public pendant quelques jours doit être légalement possible dans chaque commune, même en dehors des aires officielles. Et les autorités doivent renoncer à intervenir contre les personnes stationnant sur sol privé quand le propriétaire du terrain est d'accord.

Aide financière

Mais bien sûr, la création d'emplacements n'est pas gratuite. Pour encourager leur réalisation, la Confédération doit mettre sur pied un système d'incitations financières. Sans soutien de sa part, l'opération restera du ressort des cantons et des communes, «avec les résultats peu concluants que l'on sait», a averti Werner Niederer.

Les gens du voyage espèrent que la situation s'améliorera notablement ces cinq prochaines années. Dans le cas contraire, ils s'engageront pour «une solution contraignante au niveau fédéral», à savoir une loi qui oblige les autorités cantonales et communales à procéder aux changements nécessaires dans un délai déterminé.

Des améliorations s'imposent car les conditions de vie précaires de cette minorité sont contraires au droit suisse et international, a rappelé le président de la Commission Georg Kreis. Il s'agit en outre d'«une question d'éthique et de solidarité».

swissinfo et les agences

En bref

En Suisse, en plus des minorités linguistiques et confessionnelles, il existe une minorité de tziganes, forte d'environ 30'000 personnes. Quelque 5000 d'entre eux ont encore un mode de vie nomade et semi-nomade.

Les organisations de défense de cette minorité demandent que la Suisse ratifie La convention 169 de l'Organisation internationale du Travail sur les peuples indigènes et tribaux.

Celle-ci permettrait, entre autres, la protection de la langue jenisch, parlée par la majorité de la communauté nomade de Suisse, et l'accès à l'école des enfants tziganes.

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L'ombre du passé

Entre 1926 et 1973, quelque 600 enfants du voyage ont été enlevés à leurs parents et placés dans des familles sédentaires, afin qu'ils soient élevés dans un style de vie conforme à la «normalité» helvétique. Certains ont même été placés en orphelinat ou en asile psychiatrique.

C'est la fondation suisse pour l'enfance Pro Juventute qui a organisé cette vaste opération, avec le soutien des autorités.

Au vu du scandale causé par la révélation de ces pratiques, le gouvernement suisse a présenté ses excuses en 1986 pour avoir contribué financièrement à l'opération.

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