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Les nouveaux élus hostiles à Pékin s'offrent une tribune

Une élue affirmant son rejet d'un pays sous la tutelle de la Chine KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE sda-ats
Ce contenu a été publié le 12 octobre 2016 - 10:54
(Keystone-ATS)

Des cris, des tambours et des proclamations contre la tyrannie... Les nouveaux élus hongkongais prônant la rupture avec Pékin ont fait mercredi une entrée remarquée au parlement local. Ils ont transformé leur prestation de serment en véritable tribune politique.

Le Conseil législatif (LegCo) se réunissait pour la première fois depuis les législatives de septembre marquées par l'élection d'une poignée de candidats demandant une plus grande autonomie vis-à-vis de la Chine, deux ans après les manifestations de l'automne 2014.

Ancien leader de ces mouvements, Nathan Law (23 ans), le plus jeune élu, a prononcé un discours passionné avant de prêter serment. "Vous pouvez m'enchaîner, me torturer, même détruire ce corps. Mais vous ne pourrez jamais emprisonner mon âme", a-t-il lancé.

Le jeune homme, qui milite pour l'autodétermination de Hong Kong, a ostensiblement changé de ton chaque fois qu'il a eu à prononcer le mot "Chine" lors de sa prestation de serment.

De leur côté, deux députés indépendantistes, Baggio Leung et Yau Wai-ching, se sont engagés à servir "la nation hongkongaise". Ils ont systématiquement écorché dans leur serment le mot "Chine" tout en arborant le slogan suivant: "Hong Kong n'est pas la Chine".

"Mort à la tyrannie !"

Eddie Chu, qui demande un référendum sur la souveraineté future de Hong Kong, a crié pour sa part: "Autodétermination démocratique ! Mort à la tyrannie !". Lau Siu-lai, une enseignante également impliquée dans le mouvement des Parapluies, a fait sensation en prononçant le plus lentement possible son serment, suscitant les huées de députés prochinois qui ont finalement quitté l'assemblée.

Un autre a agrémenté sa prestation de serment de roulements de tambour. Chaque élu du LegCo est censé lire une brève déclaration avant de pouvoir siéger. Le texte stipule plusieurs fois que Hong Kong est "une région administrative spéciale" de la Chine.

Un greffier du LegCo a indiqué à M. Leung, Mme Yau et un autre élu qu'il ne pouvait acter leur serment car ils l'avaient modifié. On ignore ce qu'en sera l'implication pour la capacité des trois à siéger. Les règles gouvernementales indiquent que leur cas doit être transmis au président du LegCo, appelé à être élu mercredi.

Dans un communiqué, le gouvernement avait rappelé plus tôt un texte de loi stipulant que "quiconque refuse ou néglige la prestation du serment requis doit laisser son siège ou être disqualifié".

La session a été suspendue dans l'après-midi quand Nathan Law a refusé de regagner son siège, alors qu'il demandait des comptes sur les réserves émises par le greffier du LegCo.

Semi-autonomie

Hong Kong jouit d'une semi-autonomie en vertu du principe: "Un pays, deux systèmes", qui avait présidé à la rétrocession à Pékin du petit territoire du sud de la Chine en 1997. L'accord qui avait été conclu entre Londres et Pékin préserve pendant 50 ans sur le papier pour l'ex-colonie britannique des libertés inconnues dans le reste de la Chine. Mais de nombreux Hongkongais pensent qu'un durcissement de la mainmise chinoise est à l'oeuvre.

Malgré une mobilisation très forte et pour l'essentiel pacifique, destinée à réclamer un véritable suffrage universel pour l'élection du chef du gouvernement hongkongais en 2017, Pékin avait en 2014 refusé de céder le moindre centimètre carré de terrain.

La Chine avait averti lors des législatives de septembre qu'elle ne tolérerait pas que l'indépendance soit discutée "dans et en dehors" du LegCo. Le gouvernement local, accusé d'être la marionnette de Pékin, avait interdit aux indépendantistes les plus virulents de se présenter à ce scrutin.

En raison d'un système électoral favorable à Pékin, l'establishment a toujours 40 sièges contre 30 au camp prodémocratie du parlement.

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