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Les otages du Swissôtel d'Istanbul sains et saufs

Soulagement pour les otages libérés.

(Keystone)

A peine dix heures après leur irruption au Swissôtel, les 13 membres d'un commando armé pro-tchétchène se sont rendus lundi matin. Ils avaient pris en otage des dizaines de personnes, dont un équipage de Swissair.

Le commando aurait choisi le Swissôtel parce que cet établissement 5 étoiles était rempli d'étrangers. Il accueillait ces jours-ci des dizaines de congressistes venus des quatre coins du globe. Aux yeux des preneurs d'otages, la présence d'étrangers permettrait de rappeler à la communauté internationale tout entière la guerre «atroce» menée par les Russes contre les Tchétchènes.

Le chef du commando, Mohammed Tokcan, un Abkhaze de Turquie, avait déjà mené une opération similaire en 1996 lors de la première guerre de Tchétchénie. Jugé et emprisonné, il avait bénéficié de la loi d'amnistie de décembre 1999. Les ravisseurs se sont rendus après avoir pu parler avec Sadettin Tantan, le ministre turc de l'intérieur venu spécialement d'Ankara lundi matin. Tous les otages ont été libérés. Il n'y aurait aucun blessé parmi eux.

Très rapidement, dans la nuit de dimanche lundi, à peine la prise d'otages connue, M. Bücher, consul général de Suisse, a tenté de se rendre au Swissôtel. Malgré sa voiture diplomatique , il n'a pu franchir le cordon policier qui interdisait tout passage vers cet hôtel de luxe d'Istanbul, tandis qu'une meute de journaliste entourait son véhicule. Une délégation américaine s'était également vu interdire l'entrée du périmètre.

Mais lundi matin, la représentation consulaire helvétique avait pu se procurer la liste des clients de l'hôtel. Quinze Suisses y séjournaient, des hommes d'affaires surtout et un équipage Swissair de neuf personnes. Certains d'entre eux étaient parmi les otages, d'autres étaient restés dans leur chambre. De retour tard dans la nuit, un couple de citoyens suisses, voyant la situation, avait pu échapper au drame en faisant demi-tour.

Engluée dans une grave crise financière, la Turquie mise beaucoup sur le tourisme pour renouveler ses réserves en devises. Après le détournement à partir d'Istanbul d'un avion russe, cette seconde prise d'otages, en moins de deux mois, pourrait avoir un effet désastreux.

Ariane Bonzon, Istanbul


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