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Les pacifistes envoyés une nouvelle fois dans les cordes

L'armée suisse a encore quelques beaux jours devant elle.

(Keystone)

Comme le Conseil des Etats, le Conseil national a rejeté, vendredi, une initiative populaire demandant la suppression de l'armée. L'échec pour les pacifistes est cuisant. Ils n'ont en effet même pas réussi à faire le plein des voix à gauche.

L'initiative «pour une politique de sécurité crédible et une Suisse sans armée» émane du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Comme en 1989, il demande purement et simplement l'abolition des forces armées en Suisse.

Mais pour promouvoir la paix, les initiants demandent également que la Confédération encourage «l'égalité des chances et des relations équitables entre les sexes, les groupes sociaux et les peuple, ainsi qu'une distribution des ressources naturelles équitable et respectueuse de l'environnement».

Devant le plénum, Samuel Schmid a expliqué que la Suisse ne pouvait garantir son indépendance sans sa propre armée. Le ministre de la défense a également souligné que, pour être crédible, l'armée doit disposer de moyens financiers suffisants. Or, son budget a été réduit d'un tiers au cours des dernières années.

Les élus des partis de droite ont naturellement constitué un public convaincu face à de tels arguments. Barbara Polla (Lib/GE) a, d'ailleurs, rappelé que le peuple avait, à de nombreuses occasions déjà, manifesté dans les urnes son attachement à l'armée.

La Genevoise s'est d'ailleurs irritée de la multiplication des initiatives pacifistes. Elle a également contesté le manque d'unité de matière de cette nouvelle initiative. En effet, selon elle, l'abolition de l'armée et la promotion de l'égalité des chances ou une meilleure distribution des richesses n'ont rien à voir.

A gauche, quelques voix se sont élevées pour soutenir l'initiative. Ses partisans ont comme d'habitude mis l'accent sur le coût disproportionné de l'armée, au moment même ou l'on fait des économies dans le domaine social.

Pierre Chiffelle (PS/VD) a églalement souligné que l'armée n'a plus guère d'utilité. Le Vaudois a notamment rappelé qu'il n'y aura pas de cours de répétition en 2002, mis à part pour soutenir Expo.02 et les Championnats du monde de ski.

Mais toute la gauche n'est pas favorable à une suppression de l'armée. Ainsi Jean-Jacques Schwab (PS/VD) a déclaré à la tribune son attachement à l'armée. Il a toutefois souligné que, pour les socialistes qui pensent comme lui, «ce soutien n'est pas naïf, mais extrêmement critique».

Au vote final, l'initiative a été balayée par 108 voix contre 33 et 11 abstentions. Le résultat de ce vote montre que la droite a voté massivement le rejet et que la gauche s'est retrouvée divisée sur la question.

Dans la foulée, les élus ont encore rejeté une motion de Pierre Chiffelle, «Tirer 20 coups, ça vaut de moins en moins le coût». Cette motion demandait l'abolition des tirs obligatoires. Elle a été refusée par 68 voix contre 45.

Olivier Pauchard, Palais fédéral


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