Les petits épargnants font les frais de la chute de Swissair

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Le titre SAirGroup a été retiré des indices de la bourse suisse. L'effondrement de 90% de l'action du SAirGroup est un coup rude pour les petits porteurs qui croyaient faire un placement sûr. Pour ces investisseurs, la faillite du groupe était inimaginable car l'entreprise était le symbole du pays. Ils ont désormais tout perdu.

Ce contenu a été publié le 03 octobre 2001 - 19:12

Mercredi, après la clôture, la direction de la Bourse suisse SWX a décidé de retirer le titre SAirGroup de l'ensemble de la famille des indices Swissindex (SMI, SPI et sous-indices).

Prise d'entente avec la commission des indices de la Bourse suisse, cette décision vise à garantir la stabilité et la crédibilité des indices boursiers, explique SWX. Dans la situation actuelle, l'action nominative de Swissair ne remplit plus les critères de l'indice principal de la Bourse suisse, le Swiss Market Index (SMI), et ne le fera pas dans un avenir prévisible.

Un titre qui ne valait plus rien

Quelques minutes après l'ouverture de mercredi, le cours des actions SAirGroup plongeait à 1,27 franc, soit un recul de 96 % par rapport aux 41,05 francs de vendredi. A la clôture, le titre notait à 6,5 francs, en baisse de 84,17 %.

La chute des actions SAirGroup a réduit à néant une valeur boursière d'un bon demi-milliard de francs. A l'été 1998, le titre Swissair valait encore près de 500 francs.

Les actionnaires n'en croient pas leurs yeux. Il y a encore trois ans l'action de la compagnie aérienne était considérée comme un investissement de «père de famille».

En misant sur Swissair, de nombreux petits épargnants ont perdu une partie de leurs économies. L'analyse de l'actionnariat du groupe indique à quel point l'entreprise était ancrée au sein de la population et perçue comme impérissable.

L'AVS perd aussi des plumes

La société compte, à mi-mai, quelque 64 000 actionnaires. Si 22% du capital sont détenus par des banques et des compagnies d'assurance, 18% des actions se trouvent dans les mains de petits porteurs et 12% appartiennent à des fonds de pension. Le reste se répartit entre la Confédération, une dizaine de cantons et même les CFF.

Comme les autres actionnaires, Berne, qui détient 3,1% du capital de SAirGroup, devra essuyer des pertes. Idem pour le fonds de compensation de l'AVS, qui détient plus de 32 000 titres, ou les cantons de Zurich (3%), de Bâle-Ville (2%) et de Genève (1,7%).

Autres perdants, les créanciers obligataires de Swissair. La compagnie a émis treize sortes d'emprunts pour une valeur nominale de 4,4 milliards de francs. Des dizaines de milliers de Suisses ont souscrit à ces obligations considérées comme un placement en béton. Au mieux, ils ne récupéreront qu'un petit pourcentage de leur investissement.

Le cours de Crossair grimpe

En revanche, le cours de l'action Crossair a bondi à la Bourse suisse. La compagnie, censée reprendre une partie des vols de Swissair, a grimpé en flèche. A la mi-journée, le titre affichait une hausse de 21%. Tout comme l'action SAirGroup, les titres Crossair avaient été suspendus lundi et mardi.

Seulement 30% du capital de Crossair sont cotés en Bourse. Les 70% restants étaient détenus par Swissair jusqu'à lundi, jour de l'annonce de la liquidation du groupe aérien.

Désormais, ces 70% appartiennent à l'UBS et au Crédit Suisse qui se retrouvent actionnaires majoritaires de la compagnie régionale. Les banques avaient acheté ces actions Crossair sur la base du cours de vendredi 28 septembre.

Elles ont donc réalisé en deux jours une plus-value théorique de plus de 21%. Décidément, on ne prête qu'aux riches.

Luigino Canal

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