Les routiers protestent contre la taxe poids lourds

Carlo Schmid et les camions de la colère. Keystone

Près de 2000 camionneurs de toute la Suisse ont marqué samedi à Berne leur opposition à l'augmentation prévue de la taxe qui frappe les transports routiers.

Ce contenu a été publié le 17 juin 2006 - 14:08

Ils ont également exigé l'assouplissement de l'interdiction de rouler de nuit au Gothard.

Pas moins de 120 camions se sont rassemblés à proximité de la plaine de l'Allmend, en périphérie de la capitale pour la manifestation organisée par l'Association suisse des transports routiers (ASTAG).

Son président, le député Carlo Schmid, a reproché au Conseil fédéral (gouvernement) d'«arnaquer le secteur routier» avec la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP).

«Officiellement, le gouvernement évoque une augmentation de la redevance de 10 à 15%. Mais il suffit de connaître un peu le dossier pour savoir qu'elle pourrait aller jusqu'à 30%. Par exemple si les catégories de redevance sont à nouveau modifiées», craint le député.

Pétition

L'ASTAG a lancé une pétition contre la hausse de la RPLP, qui devrait être remise mardi prochain au Ministère des Transports. Vendredi soir, le texte avait déjà recueilli plus de 150'000 signatures.

Le président des routiers suisses s'est également réjoui de ce que la toute nouvelle conseillère fédérale Doris Leuthard se soit prononcée contre l'augmentation de la RPLP lorsqu'elle était encore députée: «Je compte sur sa persévérance», a lancé Carlo Schmid.

En outre, l'ASTAG a rappelé samedi ses revendications en lien avec l'axe coupé du Gothard. «Il est inadmissible que les chauffeurs doivent de nouveau passer des heures dans des bouchons, cinq ans à peine après l'accident du tunnel», a dit le président de l'Association.

Trafic de nuit

Celle-ci demande aussi d'assouplir l'interdiction faite aux poids lourds de rouler de nuit. Selon elle, le trafic intérieur doit être traité de manière prioritaire et des zones d'attente doivent être aménagées pour le trafic de transit. Enfin, les poids lourds roulant en Suisse ne devraient pas être désavantagés par rapport aux touristes qui traversent le pays.

Les coûts financiers que la branche des transports et l'économie suisse subissent à cause de la fermeture du Gothard doivent être compensés. L'ASTAG prône pour cela de renoncer partiellement aux recettes RPLP supplémentaires générées par l'accident.

«Le transport le plus absurde de l'année»

La réaction ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué commun, le Syndicat du personnel des transports, l'Initiative des Alpes et l'Association transports et environnement ont qualifié le rallye des camions vers la capitale fédérale de «transport le plus absurde de l'année».

Selon les écologistes et les partisans des transports publics, la RPLP est visiblement encore trop bon marché si l'on peut sortir autant de poids lourds pour «quelques milliers de signatures».

L'ASTAG n'aurait en outre pas dit toute la vérité au moment de la récolte de signatures, affirment les trois organisations. Elle aurait ainsi passé sous silence le fait qu'en n'élevant pas la RPLP, on priverait le fonds d'infrastructure des transports publics de près de 100 millions de francs par année. Les cantons seraient en outre privés d'une source de revenus significative.

swissinfo et les agences

En bref

- 1994: 52% des Suisses acceptent l'initiative populaire «Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit», dite Initiative des Alpes.

- 1998: 57% des votants se prononcent en faveur de la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP) et 63% approuvent le financement des nouveaux tunnels ferroviaires sous les Alpes pour 30 milliards de francs.

- 2001: Entrée en vigueur de la RPLP et levée du plafond de 28 tonnes pour les camions (34 tonnes autorisées jusqu'à fin 2004, puis 40 tonnes dès 2005).

- 2005: Première augmentation de la RPLP. Cette année-là, elle rapporte 1,2 milliard de francs à la Confédération.

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Faits

Le trafic de marchandises à travers la Suisse a doublé en 20 ans.
En 1980, 90% des marchandises étaient transportées par le rail. En 2005, cette proportion est tombée à 65%.
La proportion reste toutefois supérieure à celle des autres pays de transit alpin, comme l'Autriche et la France, où elle atteint péniblement les 20%.

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