Les soins de longue durée vont exploser

Avec l'arrivée à la retraite de la génération baby-boom, les coûts des soins de longue durée vont exploser. Keystone

La facture des soins de longue durée risque de doubler d'ici 2030, selon une étude de l'Observatoire suisse de la santé.

Ce contenu a été publié le 04 avril 2006 - 18:56

L'évolution démographique en est partiellement responsable. Avec des mesures préventives, comme l'amélioration de la santé des personnes âgées, cette explosion des coûts pourrait être freinée.

Les soins de longue durée sont en pleine expansion, a expliqué mardi l'Observatoire suisse de la santé, qui a confié la réalisation de l'étude à l'Institut de recherches économiques de l'Université de Neuchâtel.

Depuis 1995, les dépenses de ce secteur augmentent de 5% en moyenne par an, soit un taux supérieur à la hausse moyenne des coûts de la santé. Avec l'arrivée à la retraite des générations du baby-boom, cette tendance va se poursuivre.

L'étude établit une prévision des coûts des établissements médico-sociaux (EMS ou homes) et des services d'aide et de soins à domicile à l'horizon 2030. Le scénario de base présente l'évolution des coûts en partant de l'hypothèse que les tendances actuelles vont se prolonger.

Elle table donc sur une évolution démographique conforme aux attentes, un taux de recours aux soins de longue durée inchangé par rapport à aujourd'hui et une hausse des coûts unitaires des prestations médicales dans les mêmes proportions que jusqu'à présent.

Scénarios plus optimistes

Dans ces conditions, les coûts des soins de longue durée, qui se montaient à 6,5 milliards en 2001, passeraient à 15,3 milliards de francs en 2030. Pour Hélène Jaccard Ruedin, de l'Observatoire de la santé, ce scénario peut toutefois être qualifié de pessimiste.

«Compte tenu des études actuelles qui montrent que l'état de santé des personnes âgées va en s'améliorant, on peut supposer que le recours aux soins de longue durée se fera à l'avenir à un âge plus avancé qu'aujourd'hui», explique-t-elle.

A ses yeux, l'étude montre l'importance des mesures de prévention. Prolonger la durée de vie sans incapacités permet de retarder le recours aux soins et de ralentir la progression des coûts.

Si l'âge moyen auquel on fait appel aux soins de longue durée augmentait d'un an, la croissance du nombre de patients dans les homes pour personnes âgées serait freinée. Cela réduirait de 2,2 milliards de francs les coûts par rapport au scénario de base.

Un ralentissement de la croissance des coûts par patient pourrait également entraîner une baisse notable de la facture totale. Si leur croissance annuelle se chiffre à 1,5% au lieu des 2,6% du scénario de référence, les coûts généraux diminueraient de 1,7 milliard de francs.

swissinfo et les agences

Faits

En Suisse, les coûts de la santé sont estimés à 50 milliards de francs par an.
A eux seuls, les coûts des soins de longue durée représentent environ 6,5 milliards.
Selon l'étude publiée mardi, ils pourraient passer à 15,3 milliards de francs en 2030.
En 2000, environ 15% de la population avait plus de 65 ans.
En 2040, cette proportion pourrait atteindre 25%.

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En bref

L'Observatoire suisse de la santé est une unité de l'Office fédéral de la statistique.

Il analyse les informations dans le domaine de la santé et soutient la Confédération et les cantons dans la planification, la prise de décisions et les actions.

L'étude publiée mardi a été réalisée par l'Institut de recherches économiques de l'Université de Neuchâtel.

Elle établit une prévision des coûts des établissements médico-sociaux (EMS ou homes) et des services d'aide et de soins à domicile à l'horizon 2030.

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