Les Suisses divisés par l'avortement

Samedi à Gerlafingen, la conseillère fédérale Ruth Metzler n'a pas réussi à convaincre les délégués de l'UDC. Keystone

Le 2 juin, le peuple suisse se prononcera sur l'IVG. Les mots d'ordres des partis consacrent la fracture du camp bourgeois.

Ce contenu a été publié le 29 avril 2002 - 08:37

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) et l'Union démocratique du centre (UDC), contre l'avis de leur comité de femmes, refusent le régime du délai. En face les Partis radical et libéral l'acceptent. Les chances de l'initiative «pour la mère et l'enfant» s'amenuisent.

Lors de leur assemblée samedi à Gerlafingen (SO), les délégués du PDC ont massivement rejeté par 201 voix contre 73 et 9 abstentions le régime du délai. Ils ont balayé encore plus nettement l'initiative «pour la mère et l'enfant» par 259 voix contre 7.

Le parti a fait preuve de cohérence, a déclaré à l'ats son vice-président, le Jurassien François Lachat. Le PDC avait lancé le référendum contre la solution du délai et réuni avec d'autres organisations plus de 160 000 signatures en août 2000.

Pour l'obligation de consulter

Le référendum n'a pas été principalement le fait du PDC mais des organisations «Oui à la vie» et de l'Aide suisse pour la mère et l'enfant qui ont collecté au moins 120 000 paraphes. Ces deux groupements sont à la base de l'initiative qui sera également mise au vote le 2 juin.

Seul un double non est crédible et cohérent, a dit samedi à Glaris le président du PDC Philipp Stäehlin. Le PDC pourra ainsi revenir rapidement à la charge au Parlement avec son modèle prévoyant une consultation obligatoire avant toute décision d'interrompre une grossesse.

Contre l'avis des femmes

Le PDC, comme l'UDC avant lui, est passé outre la recommandation des femmes du parti. Les femmes PDC ont dit oui au régime du délai le 20 avril et les femmes UDC le 21 mars, arguant que la nouvelle législation diminuerait le nombre d'avortements en Suisse.

Les sections PDC de Bâle-Campagne et de Bâle-Ville comme l'UDC du canton de Vaud ont pris leurs distances face au parti suisse et ont dit oui au projet des Chambres. Il est bien possible que d'autres sections cantonales leur emboîtent le pas.

Dernier pion sur l'échiquier bourgeois, le Parti libéral suisse soutient la solution du délai. Les délégués libéraux réunis samedi à Berne l'ont plébiscitée par 29 voix pour, 2 contre et une abstention. L'initiative «pour la mère et l'enfant» a par contre été rejetée par 29 voix.

Eglises également divisées

Le front rose-vert s'est lui consolidé derrière le «oui» après l'assemblée des Verts de samedi à Glaris. Le PS avait donné son mot d'ordre le 7 avril à Bienne pratiquement à l'unanimité.

L'Union syndicale suisse (USS) appuie également la dépénalisation de l'interruption de grossesse durant les 12 premières semaines. Sont encore attendues les positions des autres organisations syndicales et celles des milieux économiques.

Les Eglises nationales ont également des positions tranchées. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) qui soutient le régime du délai a effrayé la Conférence des évêques suisses (CES) par cette prise de position.

La protection de l'enfant à naître ne souffre aucune concession, estime la CES. Le Parti évangélique populaire (PEV) partage cette vision stricte, comme le Parti catholique populaire et le Parti de la Liberté.

Aucune chance «pour la mère et l'enfant»

Les chances de l'initiative «pour la mère et l'enfant» se réduisent comme peau de chagrin. Ses seuls supporters se recrutent dans les milieux religieux traditionnalistes et militants «Pro life». Même la Conférence des évêques s'en est remise à la conscience de chacun sans donner de consigne.

swissinfo avec les agences

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