Les Suisses ont voté

Les initiants espèrent ainsi relancer le débat sur la question européenne. Keystone

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes. Les citoyens devaient notamment se prononcer sur l'initiative «Oui à l'Europe». Celle-ci demande que le Conseil fédéral ouvre sans délai des négociations en vue d'une adhésion de la Suisse à l'Union européenne (UE). Du résultat de ce scrutin dépend l'avenir du débat européen en Suisse.

Ce contenu a été publié le 04 mars 2001 - 12:01

Cette initiative est issue du Nouveau mouvement européen suisse (NOMES), qui fédère la plupart des mouvements favorables à une entrée de la Suisse dans l'UE. Avec leur texte, les initiants espèrent relancer le débat sur la question européenne, un débat quelque peu mis de côté depuis l'adoption des accords bilatéraux avec l'UE.

Cette initiative est principalement soutenue par la gauche. Les partis de droite la refusent, soit, comme les démocrates du centre, parce qu'ils s'opposent à une adhésion à l'UE, soit, comme les radicaux et les démocrates-chrétiens, parce qu'ils estiment que la question n'est pas encore «mûre» et que le calendrier des négociations est de la compétence exclusive du Conseil fédéral.

Les derniers sondages indiquent que le non l'emportera. Ce n'est pas vraiment une surprise. Le résultat du scrutin est toutefois essentiel.

Les initiants espèrent que 40% des citoyens accepteront le texte. Ils estiment qu'avec un tel score le débat européen ne pourra pas être enterré. En revanche, si les partisans de l'adhésion n'arrivent pas au moins à 35% des voix, ce sera le signal que la question n'est pas vraiment d'une brûlante actualité. Du coup, le dossier pourrait se retrouver dans les tiroirs durant des années.

Dimanche, les citoyens doivent encore se prononcer sur deux autres initiatives. Lancée par l'Association Transports et environnement (ATE), «Rues pour tous» demande que la limitation de vitesse à 30 km/h soit généralisée dans les localités, afin notamment de limiter le nombre des victimes de la route.

Ce texte est appuyé par les écologistes et l'ensemble de la gauche. La droite estime pour sa part que cette mesure serait excessive et ruineuse, même si elle juge qu'il y a lieu de créer davantage de zones à 30 km/h. L'issue du scrutin ne fait pas de doute. L'expérience des urnes montre en effet que les Suisses ne sont d'habitude guère enclins à limiter le trafic individuel.

Enfin, avec l'initiative «Pour des médicaments à moindre prix», le distributeur Denner propose une nouvelle fois une solution de son crû pour faire baisser les coûts de la santé.

Le texte propose d'une part que les médicaments génériques soient systématiquement remis aux patients à la place des remèdes originaux plus onéreux. D'autre part, les médicaments reconnus dans les pays limitrophes pourraient être autorisés en Suisse sans contrôle supplémentaire, ce qui ferait aussi baisser les coûts.

La plus grande partie de la classe politique s'oppose à cette initiative. Elle estime notamment qu'elle limiterait trop la liberté thérapeutique des médecins, qu'elle mettrait en péril la recherche pharmaceutique suisse et que la suppression des contrôles pourrait être dangereuse pour la santé publique.

Comme toutes les autres propositions de Denner, cette nouvelle initiative a donc toutes les chances d'être refusée, car trop extrême. Elle pourrait néanmoins réaliser un score honorable, le prix des médicaments étant considéré par de larges milieux comme effectivement trop élevé.

Olivier Pauchard

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