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Les Suisses veulent choisir leur médecin

Le choix du médecin, un débat passionnel.

(Keystone Archive)

En matière de santé, les Suisses ne sont pas disposés à admettre des restrictions de qualité et de liberté de choix. C’est le cas notamment pour le choix du médecin.

C’est ce qui ressort d’une étude présentée mercredi à Berne.

Menée en automne 2003 auprès d'un millier de personnes âgées de plus de 25 ans, cette première étude du genre avait pour but de connaître le sentiment de la population par rapport aux réformes visant à limiter l'explosion des coûts du système de santé.

Les assurés ont été interrogés sur la baisse de primes qu'ils demanderaient en compensation d'une réduction de prestations couvertes par l'assurance maladie obligatoire (LaMal).

Le choix du médecin

Il ressort que les Suisses ne seraient prêts à renoncer à la liberté de choisir leur médecin que si leur prime mensuelle d'assurance maladie baissait de 100 francs.

En outre, ils ressentiraient comme une perte majeure la restriction du libre choix du médecin, si la sélection des praticiens était faite uniquement sur le critère du coût.

A noter que les Romands sont beaucoup plus hostiles que les Alémaniques à une restriction du choix du médecin.

Par ailleurs, près de la moitié des personnes interrogées reconnaissent aux assureurs maladie le droit d’établir des listes de médecins. Elles souhaitent cependant que celles-ci soient soumises au contrôle et à l'approbation aux cantons.

Des interprétations divergentes

Ces résultats donnent lieu à des interprétations fort diverses selon les acteurs du domaine de la santé.

L'Association suisse des médecins-assistants et des chefs de clinique (ASMAC) estime que l'étude montre que «la liberté de choix est un acquis majeur du système, qui ne saurait être remis en question».

La lecture est tout autre chez les assureurs maladie (santésuisse). Pour eux, le mythe du libre choix du médecin influence les résultats de l'étude.

Après le choix des médecins, le renoncement provisoire – deux ans - à de nouveaux médicaments et à nouvelles méthodes est la réforme la plus contestée. Son prix est évalué à 65 francs.

Des médicaments ‘bagatelles’

Les sondés seraient plutôt favorables en revanche à limiter leur choix de médicaments aux génériques (contre une baisse de 5 francs des primes) et très favorables à payer de leurs poches les médicaments dits ‘bagatelles’, pour les petites maladies comme les refroidissements, par exemple.

Là aussi les analyses divergent. Ainsi, santésuisse soutient le remboursement du générique, en attendant l'autorisation des importations parallèles, a souligné Yves Seydoux, délégué aux affaires publiques de santésuisse.

A l'opposé, l'Association des firmes pharmaceutiques suisses Interpharma et l'Association des importateurs de spécialités pharmaceutiques VIPS estiment que la majorité des Suisses refusent «de se laisser imposer des restrictions dans la liberté de choisir».

Femmes, Romands, personnes âgées et malades sont plus réfractaires à la baisse des prestations couvertes par l'assurance maladie de base.

Indications essentielles

Pour le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), cette étude apporte «des indications essentielles sur la manière de faire passer des réformes avec succès dans le secteur de la santé».

A l’inverse, l'ASMAC juge qu'au vu des résultats, les sondés sont favorables à un statu quo.

santésuisse, elle, se voit conforté dans sa volonté de réforme: «Les assurés ne veulent pas payer pour un système inefficient».

Quant à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), il juge très utile cette prise de température de l’opinion publique. Cela permet de voir où les Suisses sont le plus d’accord de faire des économies dans le domaine de la santé.

swissinfo et les agences

En bref

- Un millier de personnes ont été interrogées sur la baisse de primes qu'ils demanderaient en compensation d'une réduction de prestations couvertes par l'assurance maladie obligatoire (LaMal).

- L’étude a été conduite par l'institut bernois Plaut Economics et l'Institut d'économie sociale de l'université de Zurich, sur mandat de nombreux partenaires du système de santé, des médecins à santésuisse en passant par Interpharma, et soutenue par l'Office fédéral des assurances sociales.

- C’est la première fois qu’une telle enquête avait lieu. Il s’agissait d’obtenir des réponses concrètes de l’opinion publique. Des divergences apparaissent entre Latins et Alémaniques.

- Les Suisses ne seraient prêts à renoncer à la liberté de choisir leur médecin que si leur prime mensuelle d'assurance maladie baissait de 100 francs.

- Résultat surprenant: plus de 50% des sondés ne savaient pas à combien se chiffrait leur prime mensuelle d’assurance maladie.

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