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Libre-échange Retour à la case départ avec les États-Unis

Donald Trump mit dem Schweizer Bundespräsidenten Alain Berset

Donald Trump au WEF de Davos en début d'année, avec le président de la Confédération Alain Berset.

(Keystone)

Donald Trump préfère les accords bilatéraux aux accords multilatéraux. A la veille de la visite à Washington de la secrétaire d’Etat Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, Ralph Pöhner, économiste en chef de la Handelszeitung explique pourquoi selon lui, c’est à la fois une chance et une incertitude pour la Suisse.

PDV

Point de vue

Tout n’est pas la faute de Donald Trump. Les politiciens de l’UE, les journalistes américains, les fonctionnaires chinois se plaisent à le dénoncer comme le fossoyeur du libre-échange. Et les sanctions douanières qu’il assène à tout vent entravent effectivement les échanges internationaux. Mais maintenant l’autre face de sa politique d’import-export se fait jour: le président américain a convenu avec son homologue mexicain Enrique Peña Nieto de signer dans les 90 jours un nouvel accord de libre-échange – et d’enterrer l’Alena. Il faut constater que le businessman ne veut pas être pris pour un protectionniste. En revanche, il a quelque chose contre les amalgames suprarégionaux. Des abréviations telles qu’Alena, OMC, TPP lui font horreur. C’est pourquoi ses diplomates se débattent pour trouver des solutions commerciales bilatérales avec le Japon, avec la Grande-Bretagne, avec l’UE. Et la Suisse.

Point de vue

swissinfo.ch ouvre ses colonnes à des contributions extérieures choisies. Régulièrement, nous publions des textes d’experts, de décideurs, d’observateurs privilégiés, afin de présenter des points de vue originaux sur la Suisse ou sur une problématique intéressant la Suisse. Avec, au final, le souci d’enrichir le débat d’idées.

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Les États-Unis ne sont pas les seuls à chercher des deals

Le décor était cependant déjà posé avant l’élection de Donald Trump: l’OMC ne faisait pratiquement plus de progrès depuis une décennie alors que l’ambitieux traité de libre-échange transatlantique TTIP était déjà au bord du gouffre à l’époque d’Obama. Les accents donnés maintenant avec tant d’efficacité par l’hôte turbulent de la Maison blanche pourraient donc bien lui survivre.

Bilatéral plutôt que multilatéral: la Suisse peut, ces jours, se faire une image plus claire de la situation globale. Ses chances sont plus grandes dans le monde de ce nouveau bilatéralisme – mais l’incertitude aussi. Les chances se manifestent dans les avances qui viennent de Washington: pour un succès rapide, l’administration Trump serait certainement prête à conclure un accord allégé, peut-être même avec des délais de transition accommodants.

L’incertitude vient de ce que les États-Unis ne sont pas les seuls en quête de deals. De nombreux autres pays en cherchent. En juin, l’UE a lancé de nouvelles discussions pour un accord de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En juillet, elle a signé un accord en ce sens avec le Japon. Simultanément, Jean-Claude Juncker et Donald Trump ont annoncé vouloir supprimer les obstacles aux échanges industriels. Et évidemment – a ajouté Juncker depuis – l’UE est prête à importer davantage de bœuf US.

Ces rapprochements placent la Suisse en porte-à-faux: lorsque deux pays se mettent d’accord, elle devient pour eux un État tiers. L’accord actuel entre l’UE et le Japon en témoigne: pour certains biens, en particulier les produits agricoles, les prestataires suisses sont confrontés à de nouveaux handicaps par rapport aux prestataires européens – bien que Berne ait conclu un pacte avec Tokyo en 2009 déjà. Il est maintenant partiellement dépassé.

La Suisse doit clarifier les risques qu’elle est prête à prendre pour son agriculture

La Suisse a misé très tôt sur les accords de libre-échange pour ouvrir le monde à son industrie. Il devient toujours plus évident que ce processus doit continuellement être relancé et repensé: retour à la case départ. En 2006, le Conseil fédéral avait rompu les discussions avec les États-Unis par crainte du lobby paysan. La balle est de nouveau en jeu. L’incertitude est de retour. Une nouvelle chance se présente. Et la Suisse doit constamment clarifier quels risques elle est prête à prendre pour son agriculture.

L’original de ce texte est paru dans l’édition imprimée de la HandelszeitungLien externe.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas forcément celui de swissinfo.ch.

Accord de libre-échange avec les Etats-Unis

L’Union européenne et la Suisse souhaitent passer un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. La Suisse veut aller plus vite que l’UE, sinon, son économie pourrait en souffrir. La semaine prochaine, la cheffe de la diplomatie commerciale helvétique se rend à Washington pour des discussions exploratoires. Le nœud du problème est la question de l’agriculture. Un accord de libre-échange agricole avec les Etats-Unis ne serait pas supportable pour la paysannerie suisse, mais les Américains n’accepteraient guère que l’on exclue complètement le dossier agricole, a dit la secrétaire d’Etat Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch au quotidien Tages-AnzeigerLien externe.

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(Traduction de l’allemand: Olivier Hüther)

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