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Lucerne, l'archétype de la gare moderne

Le hall principal, où la lumière donne l’impression de l’espace.

(swissinfo.ch)

Pour son quatrième et dernier arrêt dans une gare suisse, swissinfo a choisi Lucerne. Après une éclipse d’exactement vingt ans, elle est devenue une sorte de modèle pour d’autres gares.

Le lieu possède une histoire riche, marquée notamment par un incendie, en 1971.

A première vue, on prendrait facilement la gare de Lucerne pour un endroit de plus où, simplement, vont et viennent les gens. La plupart des touristes, qui cherchent ici la ‘quintessence’ de la Suisse, n’ont guère le temps de s’attarder dans le hall.

Il est vrai qu’il n’est pas facile de rivaliser avec la vue sur le Rigi et le Pilate qu’offrent les quais. Et plutôt que d’admirer la gare, le visiteur se précipitera d’abord vers l’ancestral Pont de la Chapelle, le nouveau Palais des Congrès ou le Musée suisse des transports.

La lumière qui crée l’espace

Mais pour qui prend le temps d’y regarder d’un peu plus près, la gare mérite largement qu’on lui prête un peu d’attention.

Ce qui frappe peut-être le plus, c’est la lumière. Elle tombe dans le bâtiment depuis ses façades et sa toiture de verre élégamment incurvée, qui constitue à elle seule une prouesse architecturale.

Cette luminosité confère au hall d’entrée une impression d’espace. Impression trompeuse pourtant, car la surface en est particulièrement étroite. D’ailleurs, ici, on ne vend pas de titres de transport au rez-de-chaussée…

Tous les équipements habituels d’une gare, comme les guichets des billets et ceux des bagages, sont situés au sous-sol, lui aussi baigné de lumière grâce à son toit de verre. On y trouve également les magasins et les restaurants.

Et il y a encore des restaurants - première et deuxième classe - au premier étage, ainsi qu’un centre de conférence. Tous ces locaux offrent une vue sur les 15 quais de la gare.

Neuf heures et trois minutes

Le passé du lieu est haut en couleurs… «La première gare a été construite dans les années 1850. C’est d’ici que les voyageurs et les marchandises passaient du train au bateau. De Lucerne, on pouvait atteindre Flüelen, à l’autre bout du lac et ainsi rejoindre la ligne de chemin de fer du Gothard», explique Kilian Elsasser, conservateur du Musée suisse des transports.

En 1896, la ville inaugure une nouvelle gare, bâtiment grandiose qui lui servira de symbole durant trois quarts de siècle. Elle est surmontée d’une monumentale coupole de verre, qui la différencie de la plupart des gares de son temps.

«La raison en est simple, explique Kilian Elsasser. A l’époque, les autorités de la ville ont voulu édifier un bâtiment à l’architecture au moins aussi marquante que celle des grands hôtels des bords du lac, comme le Schweizerhof».

Mais, au matin du 5 février 1971, ce symbole de Lucerne est ravagé par les flammes, qui ont pris dans les quartiers du personnel au troisième étage.

«La gare était ancienne et pleine de structures en bois, se rappelle Kilian Elsasser. Elle a donc brûlé en un temps record». Les aiguilles de l’horloge principale s’arrêteront sur 9 heures 03. Et la coupole s’effondrera trois minutes plus tard.

L’ancienne gare est morte. Coïncidence troublante: sur le plan de la façade dessiné en 1894, la grande horloge marque précisément 9 heures 03.

Vingt ans d’éclipse

C’est donc à 9 heures 03 le 5 février 1991, vingt ans jour pour jour après l’incendie, que les autorités de Lucerne procèdent à l’inauguration du bâtiment actuel.

Sa conception et sa construction ont pris deux décennies, un délai qui s’explique en partie par les débats interminables de l’époque sur le rôle des transports publics.

«Il y a eu les deux chocs pétroliers du début des années 70, qui ont marqué une renaissance des transports en commun, explique Kilian Elsasser. Cela a amené les autorités à réfléchir longuement sur le type de gare dont la ville avait besoin».

Signe de renaissance

Pour le conservateur du Musée des transports, la nouvelle gare de Lucerne est l’une des premières à être marquée par cette renaissance. Le bâtiment est souvent considéré comme la première gare moderne de Suisse, un modèle de ce que les autres sont devenues.

«Ses concepteurs l’ont voulue comme un lieu de convergence pour la ville. Ce n’est pas simplement un endroit où l’on achète des billets, où l’on prend le train et où l’on en descend, mais aussi un lieu où l’on mange et où l’on fait ses courses», note Kilian Elsasser.

Et il suffit de se rendre à la gare un dimanche ou un soir de semaine pour voir qu’elle est effectivement devenue ce point de rencontre.

swissinfo, Robert Brookes à Lucerne
(traduction et adaptation, Marc-André Miserez)

Faits

En juillet et août, les radios de SRG SSR idée suisse diffusent depuis huit gares de Suisse.
Les vendredis de 10h00 à 20h00 et les samedis de 9h00 à 15h00, les émissions seront en direct depuis les gares de Zurich, Bâle, Berne, Coire, Fribourg, Genève, Locarno et Lucerne.
swissinfo vous présente l’une ou l’autre de ces gares.

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En bref

- L’actuelle gare de Lucerne a été inaugurée en 1991, vingt ans exactement après la destruction du bâtiment de 1896 dans un spectaculaire incendie.

- Le portail d’entrée principal de l’ancienne gare, qui avait survécu aux flammes, a été préservé. Il trône au milieu de la nouvelle place de la Gare, surmonté d’une statue nommée «l’esprit du temps» et due au sculpteur suisse Richard Kissling.

- Une autre relique de l’ancienne gare a été préservée. il s’agit d’une immense fresque murale, intitulée «nord et sud», peinte par le Genevois Maurice Barraud. Elle est placée sous verre sur la façade ouest du nouveau bâtiment.

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