Lucerne jette un pont vers l'Europe

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L'Assemblée du Conseil de l'Europe a démarré ses travaux de printemps lundi à Lucerne. Avec un aperçu de la politique suisse en matière d'asile.

Ce contenu a été publié le 27 mai 2002 - 15:48

L'Assemblée du Conseil de l'Europe tient une fois par an une réunion en dehors de son siège strasbourgeois. Et c'est la deuxième fois qu'elle se réunit en Suisse. En 1987, c'est Lausanne qui avait accueilli les parlementaires européens.

En fait, seuls 200 des quelque 600 membres de l'Assemblée sont attendus lundi à Lucerne. A l'invitation du Conseil national - la chambre du peuple du parlement helvétique,

Car il s'agit-là d'une mini-session où seules trois commissions sont convoquées. A savoir la Commission des migrations, des réfugiés et de la démographie, la Commission des Questions politiques et la Commission permanente.

Migrations et réfugiés au menu

La journée de lundi a été consacrée au problème des migrations. L'occasion pour la ministre suisse de la Justice et de la Police de présenter la politique suisse en matière de migrations et de réfugiés.

Selon Ruht Metzler, il n'est pas possible que la Confédération se démarque des stratégies de l'Union européenne en la matière. Et la conseillère fédérale de plaider en faveur d'une adhésion aux espaces de Schengen et de Dublin, qui permettent une harmonisation et une collaboration avec les Quinze.

En 2001, la Suisse a traité 5 % des demandes d'asile en Europe, se plaçant en tête des pays d'accueil, a rappelé Ruth Metzler aux parlementaires du Conseil de l'Europe. Et les requêtes ont augmenté de 25 % au cours des trois mois de cette année.

Pour la ministre, une politique de l'asile crédible implique donc «l'exécution conséquente» des renvois de demandeurs d'asile déboutés.

Concernant les sans-papiers - un sujet qui préoccupe également le Conseil de l'Europe - , Ruth Metzler a défendu la position du gouvernement. Qui rejette l'idée d'une amnistie générale.

L'immigration illégale, estime-t-elle, ne peut pas être réglée par une «action unique», qui constituerait une «inégalité de traitement» et une «récompense pour ceux qui violent la loi».

La visite de Joseph Deiss

Après Ruth Metzler, ce sera au tour du ministre suisse des Affaires étrangères de faire le voyage de Lucerne. Mardi, Jospeh Deiss devrait rencontrer les délégués de la Commission des questions politiques du Conseil de l'Europe.

Plusieurs sujets sont inscrits à l'ordre du jour de la Commission permanente. Des sujets aussi divers que la situation humanitaire de la population kurde en Turquie, le dopage dans le sport et le traitement de l'hyperactivité chez les enfants.

Les délégués de l'Assemblée du Conseil de l'Europe devraient enfin prendre connaissance d'un rapport sur l'état de la population mondiale.

Le rapport en question attire surtout l'attention sur les orphelins du Sida et le nombre important de personnes porteuses de ce virus (40 millions de personnes). Et il insiste notamment sur la nécessité de mettre en place des plans d'action.

Une douzaine de délégués suisses

Fondé en 1949, le Conseil de l'Europe - à ne pas confondre avec l'Union européenne - est la plus ancienne des organisations du Vieux Continent. Actuellement, elle compte 44 pays, dont la Suisse.

Quant à son Assemblée, elle est composée de 612 membres - la moitié de titulaires et la moitié de suppléants - dont 12 parlementaires suisses.

Créée dans la foulée de la 2e Guerre mondiale, cette organisation travaille essentiellement à la défense des droits de l'homme et de la démocratie.

Enfin, sachez que le libéral genevois Olivier Reverdin est l'unique Suisse à avoir jamais présidé le Conseil de l'Europe. C'était entre 1969 et 1972.

Barbara Speziali, Bruxelles

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