Lyon et Genève, plus qu'un voisinage

Regard sur les connexions qui existent entre Lyon et Genève à travers un article rédigé en 2003, dans le cadre d'une série sur le Rhône. Rencontre avec Simone Blazy, conservatrice du musée historique de la ville, le Musée Gadagne.

Ce contenu a été publié le 16 mars 2007 - 13:08

Lyon, deuxième ville de France. La cité la plus proche, de rayonnement comparable, s'appelle Genève.

«Le Rhône relie physiquement les deux villes. C'est un lien naturel, même si Lyon a été centrée pendant une longue partie de son histoire sur la Saône», constate Simone Blazy, directrice du Musée Gadagne, musée historique de la ville, situé au cœur du Vieux Lyon.

Outre le Rhône, Lyon partage d'autres points communs avec Genève: réputation de ville industrieuse, importance du secteur bancaire, et le fait d'avoir été un haut-lieu du bouillonnement huguenot.

Comment tout cela s'entremêle-t-il? «On a entre Lyon et Genève un mouvement de va-et-vient peut-être pas permanent, mais fréquent», note Simone Blazy. Ainsi, sur un plan financier, «le lien direct qui explique l'apogée lyonnaise au 16e siècle, c'est la délocalisation des Médicis de Genève à Lyon en 1466».

L'importance de la Réforme

Genève porte le surnom de Ville de Calvin. Le réformateur français s'y est installé dès 1536 avec l'impact qu'on sait. Lyon a également été rapidement touchée par la Réforme. «Mais c'est l'influence de Genève qui va marquer le protestantisme lyonnais», note Simone Blazy. Et Lyon étant alors une véritable capitale de l'édition et de l'imprimerie, les «idées nouvelles» vont largement y circuler.

Dès 1562, Lyon connaît même une période iconoclaste violente. Et lorsque la répression catholique entre en jeu, c'est à Genève que les réformés lyonnais trouveront refuge. «Un transfert de population et d'activités», souligne la conservatrice.

D'aucuns mettent en relation le protestantisme et un certain rapport au travail. Mais Simone Blazy s'oppose à ce point de vue. «Des entrepreneurs lyonnais ont été gagnés par la Réforme, parce que c'était des gens à l'affût des idées nouvelles, en contact avec les régions acquises par la Réforme. De là à penser que le protestantisme suscite un développement économique que le catholicisme ne permet pas, je ne le pense pas».

C'est peut-être sur un plan culturel que le lien Lyon-Genève s'est le plus affirmé. Aujourd'hui, les collaborations théâtrales ou plastiques sont nombreuses. Et au 18e siècle déjà, Rousseau et Voltaire couraient d'une cité à l'autre au gré des interdits qu'ils suscitaient.

L'irrévérence, la distance à l'égard du pouvoir, seraient-elles un autre point commun entre les deux villes? «Là, pour le coup, je le pense!», répond Simone Blazy. Et cette caractéristique-là semble beaucoup la réjouir.

Bernard Léchot, Lyon, swissinfo.ch

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