Main tendue aux militants anti-mondialisation

"Il faut que le recours à la violence ne soit pas banalisé par les militants". Keystone Archive

Le Conseil fédéral se dit prêt à dialoguer avec les militants anti-mondialisation et à prendre leurs revendications au sérieux. A condition, toutefois, qu'ils condamnent la violence. En face, on accueille prudemment la proposition du gouvernement.

Ce contenu a été publié le 28 août 2001 - 16:39

Selon un rapport commandé par le gouvernement, la plupart des mouvements de la nébuleuse anti-mondialisation sont de nature pacifique. Mais des adeptes de la violence, constitués en petits groupes et organisés en réseaux, profitent de la foule pour commettre des agressions et des actes de vandalisme.

Si un noyau dur de militants violents agissant dans la clandestinité prenait forme, avertit ce rapport de l'office fédéral de la police (OFP), le mouvement anti-mondialisation pourrait se radicaliser dans les prochaines années. Et il pourrait profiter du savoir-faire développé dans les années 70 par des groupes extrémistes, sinon terroristes.

Promouvoir le dialogue

Mais cette radicalisation n'est pas inéluctable. Raison pour laquelle, il faut que le recours à la violence ne soit pas banalisé par les militants, estiment implicitement les auteurs du rapport. Et que les idées des anti-mondialisation soient prises en considération.

Le rapport juge donc nécessaire de susciter un vrai débat politique sur la mondialisation et de promouvoir le dialogue avec les militants pacifiques. Et cela, surtout dans les régions frontalières et les grandes villes telles que Zurich, Genève, Bâle et Berne, très exposées aux débordements.

Mesures de sécurité

Cela dit, pour prévenir tout recours à la violence, d'autres mesures doivent aussi être prises. La police, les douanes et la justice doivent disposer de moyens pour pouvoir agir efficacement, si possible de manière préventive, contre les fauteurs de troubles.

Enfin, le rapport publié par l'OFP estime qu'il faut s'attaquer aux appels à la violence publiés sur le Web. Les administrateurs de pages Internet et les fournisseurs d'accès sont donc aussi concernés.

Une ampleur extraordinaire

«En Suisse, comme ailleurs, les gouvernements ne peuvent pas continuer à ignorer la résistance qui se développe et qui mobilise déjà des centaines de milliers de personnes», lance le conseiller écologiste genevois Patrice Mugny.

«Au cours des trois dernières années, notre mobilisation a pris une ampleur extraordinaire, renchérit Albert Velasco, un militant de l'Association Attac. Les grands de ce monde, les gouvernements et les parlements ne peuvent pas continuer à dialoguer qu'entre eux. Ils doivent prendre en considération les associations qui sont les ambassadrices de la société civile.»

Les conditions du dialogue

Albert Velasco et Patrice Mugny accueillent donc favorablement le dialogue suggéré par le rapport de l'Office fédéral de la police. Mais, eux aussi, ils y mettent leurs conditions.

«Si c'est seulement pour se donner bonne conscience cela ne nous intéresse pas, prévient le militant d'Attac. Par contre, si c'est vraiment pour essayer de prendre en considération ce que préconisent des associations anti-mondialisation telles que la nôtre, nous sommes prêts à dialoguer.»

Quant au député écologiste genevois, il rappelle que les 'anti-globalisation' ont déjà tenté de dialoguer au Forum économique mondial de Davos (WEF). Tout en soulignant qu'ils n'avaient pas pu choisir librement leurs délégués.

Et Patrice Mugny de conclure: «Je suis toujours pour le dialogue, à condition que le Conseil fédéral accepte des interlocuteurs choisis par les mouvements anti-mondialisation, eux-mêmes».

swissinfo avec les agences

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