Manifestation pacifique contre l'OMC à Genève

Manifestants antimondialisation, samedi, dans les rues de Genève. Keystone

Malgré quelques incidents, la manifestation contre le sommet de l'OMC à Doha s'est déroulée dans le calme. Quelque 5000 personnes ont défilé dans la ville qui abrite le siège de l'OMC.

Ce contenu a été publié le 10 novembre 2001 - 19:56

Empêchés de se rendre au Qatar, où se tient la 4ème conférence ministérielle de l'OMC, les pourfendeurs de la globalisation économique et de l'organisation sensée l'orchestrer ont donc choisi de manifester, en Suisse, devant son siège à Genève.

Un défilé qui constitue une première à plus d'un titre: il s'agit, en effet, du premier rassemblement du «peuple de Seattle», depuis les attentats du 11 septembre et depuis les violentes manifestations de Gêne, lors du sommet du G8.

Une résistance non-violente

Or, malgré quelques incidents, surtout en fin de parcours, causés par des jeunes encagoulés, la manifestation s'est tenue sans violence majeure. Les organisateurs ont en effet tenu à ce que leur action soit pacifique.

«Les organisateurs de cette manifestation tiennent à dire que la résistance sera rude, mais non-violente. Nous n'allons pas utiliser les moyens de nos adversaires. En revanche, nous sommes prêts à aller très loin pour bloquer les processus en cours», précise, à swissinfo, le co-président des écologistes suisses, Patrice Mugny.

La complicité entre les partisans d'une action violente et le reste du mouvement antiglobalisation semble donc terminée. Un service d'ordre mis sur pied par les organisateurs du défilé témoignait d'ailleurs de cette volonté, même s'il n'a pu empêcher certaines violences.

Participation syndicale

L'autre nouveauté de cette manifestation tient à la participation de représentants du monde syndical suisse. A commencer par l'Union syndicale suisse, le Syndicat industrie et bâtiment et Comédia, le syndicat de la communication.

Les paysans d'Uniterre et leur leader Fernand Cuche étaient également de la partie. Le José Bové helvétique n'a d'ailleurs pas manqué de saluer cette convergence. Et il a lancé la question fédératrice : «Quel qualité de vie voulons-nous?».

En effet, le parlementaire neuchâtelois est convaincu que, désormais, les citadins et les campagnards vont s'unir «pour ne pas se laisser piétiner par les monstres du commerce».

Une gauche en mutation

En guise de preuve, le leader du syndicat Uniterre cite les nombreux encouragements envoyés par d'autres syndicats et par des consommateurs pour leurs actions de blocage opérées, la semaine passée.

Si le phénomène se confirme, la contestation de la libéralisation économique mondiale pourrait donc bien se traduire par une série d'actions concrètes sur le plan national et reconfigurer, à terme, la gauche helvétique.

Pourtant, la délégation suisse à Doha semble convaincue que son mandat de négociation fait l'objet d'un large consensus. «Se sont des menteurs», rétorque Patrice Mugny, qui fustige déjà une classe politique ayant perdu toute légitimité.

Frédéric Burnand, Genève

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