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Menacé, Samuel Schmid est placé sous haute protection

Samuel Schmid a notamment été traité de traître à la patrie.

(Keystone)

Le débat sur l'envoi de soldats suisses armés à l'étranger tourne au vinaigre. En pleine campagne pour les votations du 10 juin, le ministre de la Défense Samuel Schmid est la cible d'insultes et de menaces de toutes sortes. Y compris de mort. Résultat, il ne sort plus en public sans protection rapprochée.

Le ministre est depuis quelques temps victime d'attaques et d'insultes de la part d'opposants à la révision de la Loi militaire. Présent jeudi soir à l'émission «10 vor 10», Samuel Schmid a raconté ses mésaventures. Des déchets ont notamment été déposés sur sa voiture et dans le hall de son hôtel.

Des affiches le traitant de traître à la patrie ont également été placardées sur le garage de son domicile de Rüti bei Büren. Sans parler des menaces... Porte-parole au ministère suisse de la Défense, Oswald Sigg n'a jamais vu autant de lettres d'insultes et de menaces, parfois même des menaces de mort.

Mais, le ministère a décidé de ne pas porter plainte. «Ce n'est pas à nous de le faire. Simplement, nous transmettons les menaces de mort à la police fédérale», explique Oswald Sigg.

Pour le porte-parole, l'Union démocratique du centre et l'Action pour une Suisse indépendante et neutre ont une responsabilité. Les deux organisations ont placé le débat sur un terrain très émotionnel, ce qui avive les passions.

«Je ne me souviens pas d'avoir vu autant d'émotion depuis les initiatives Schwarzenbach, dans les années 70», déclare Oswald Sigg.

Lors d'un discours devant le Syndicat du personnel des transports, jeudi à Berne, le président de la Confédération Moritz Leuenberger s'est lui aussi indigné de la tournure prise par la campagne.

Selon lui, les milieux proches de Christoph Blocher ont perdu leur équité et le sens de la mesure en mettant en scène des cimetières militaires ou des croix suisses criblées de balles.

Le jour précédent, lors de la séance hebdomadaire du Conseil fédéral, ce même Moritz Leuenberger avait déclaré que la culture politique du pays s'est dégradée d'une manière qui n'est pas tolérable.

L'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) rejette ces reproches. «Le problème, c'est que le Conseil fédéral est très nerveux. Il sait que les gens comprennent qu'il ne leur dit pas la vérité et que la révision de la Loi militaire est en fait synonyme de guerres, de morts, d'adhésion à l'OTAN et d'abandon de la neutralité», explique Hans Fehr, son directeur.

Le gouvernement n'a donc plus d'arguments et se voit contraint «de nous insulter et de critiquer notre style». Hans Fehr ne trouve d'ailleurs pas que ses affiches vont trop loin: «nous ne regrettons rien, parce que nous disons la vérité», déclare-t-il.

Enfin, Hans Fehr estime que l'ASIN n'est en aucun cas responsable des attaques contre Samuel Schmid. «Nous n'avons jamais rien dit contre lui», explique le directeur de l'ASIN. Et si, finalement, la culture politique semble changer en Suisse, ce n'est pas en raison de la propagande de l'ASIN, mais plutôt parce que le Conseil fédéral ment aux citoyens.

L'Union démocratique du centre réagit également aux critiques de Moritz Leuenberger. Le parti attend des excuses publiques du président de la Confédération pour cause de «dérapages».

«M. Leuenberger a abusé de sa fonction en intervenant dans la campagne des votations et en portant des attaques populistes, indique le parti dans un communiqué. Ce n'est pas le rôle du Conseil fédéral de jouer le rôle d'une instance morale, de dire au peuple comment voter et comment interpréter des annonces en vue des votations».

Olivier Pauchard, Palais fédéral

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