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Mer de Chine: Tokyo intensifie la pression sur Pékin

Le premier ministre chinois Li Keqiang (g) et son homologue japonais Shinzo Abe (ainsi que le président de la Confédération J. Schneider Ammann tout à droite) KEYSTONE/EPA/DAVAANYAM DELGERJARGAL sda-ats
Ce contenu a été publié le 16 juillet 2016 - 10:56
(Keystone-ATS)

Tokyo s'est efforcé samedi, au sommet Europe-Asie (Asem) d'Oulan-Bator, d'intensifier la pression sur Pékin. Le gouvernement japonais veut que le régime chinois respecte le récent arbitrage international désavouant ses prétentions en mer de Chine du Sud.

A l'occasion d'une "retraite" autour de la capitale mongole, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a rappelé devant les dirigeants étrangers rassemblés pour l'occasion "le principe universel" des règles de droit, selon l'agence nippone Jiji.

Il a ensuite insisté sur le récent jugement de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de la Haye.

Celle-ci, saisie par Manille, a jugé que Pékin n'avait pas de "droits historiques" justifiant ses prétentions sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, carrefour stratégique où les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et Brunei font valoir des revendications rivales.

"J'espère résolument que les parties impliquées respecteront l'arbitrage, et parviendront à une résolution pacifique des disputes en mer de Chine méridionale", a lancé M. Abe, selon Jiji Press.

L'UE intervient

Le verdict de la CPA est une aubaine pour le Japon, qui est lui-même engagé dans un vif différend territorial avec Pékin en mer de Chine orientale.

Tokyo a ainsi activement manoeuvré pour faire de la mer de Chine l'un des thèmes-clés du sommet Europe-Asie, en dépit des farouches objections du gouvernement chinois, qui estimait que c'était "un lieu inapproprié" pour en discuter.

L'Union européenne s'est également invitée dans le débat. "L'UE continuera d'élever la voix pour soutenir l'application du droit international", et "conserve une confiance totale dans les procédures judiciaires de la CPA", a affirmé le président du Conseil européen, Donald Tusk, en clôture du sommet. "Nos discussions (avec les Chinois) sont difficiles, compliquées, mais prometteuses", a-t-il reconnu dans un sourire.

Au cours d'une salve d'entretiens bilatéraux, Shinzo Abe a rencontré en Mongolie son homologue vietnamien, Nguyen Xuan Phuc, et le chef de la diplomatie philippine, Perfecto Yasay.

M. Yasay a accepté de "coopérer étroitement" lors des conférences futures de l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est) pour s'assurer que "toutes les parties respecteront l'arbitrage", a confié à l'AFP le porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères, Yasuhisa Kawamura.

Shinzo Abe a par ailleurs proposé à M. Phuc l'aide du Japon pour renforcer les forces vietnamiennes vouées à faire respecter le droit maritime, a ajouté M. Kawamura.

Enfin, M. Abe avait abordé le sujet directement vendredi lors d'un rare entretien de 30 minutes avec son homologue chinois, Li Keqiang, en profitant pour appeler Pékin à respecter "l'ordre international basé sur le droit", d'après les agences nippones.

M. Li avait rétorqué que le Japon, non impliqué en mer de Chine méridionale, devrait "faire preuve de retenue, cesser d'attiser les braises et d'interférer" sur le sujet, selon l'agence étatique Chine nouvelle.

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