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Mesures d'urgence pour remettre à flot SAirGroup

Le patron de SAirGroup Mario Corti répond aux questions des journalistes ce lundi à Zurich.

(Keystone)

2,9 milliards de francs suisses! C'est le montant des pertes révélé lundi à Zurich par le nouveau patron de SAirGroup. Pour sortir des chiffres rouges, Mario Corti prévoit une série de mesures urgentes. Il va couper les vivres à Air Littoral, se séparer de Swissôtel et reprendre le nom de Swissair. AOM, Air Liberté et Sabena devront encore attendre.

Mario Corti, qui pilote SAirGroup depuis deux semaines seulement, n'y est pas allé par quatre chemins: «Nous devons actuellement injecter 80 millions de francs suisses par mois en France. Ce n'est pas acceptable. Nous devons immédiatement prendre des mesures».

Parmi les trois compagnies françaises dont SAirGroup détient près de 50% du capital, Air Littoral est la première touchée. Les Suisses ont en effet décidé de lui couper les vivres avec effet immédiat. La décision concernant l'avenir d'Air Liberté et AOM tombera à la fin de ce mois.

Par ailleurs, le groupe a décidé de se défaire d'une partie de son parc immobilier (à hauteur de 700 millions de francs) et de Swissôtel, son bras hôtelier. Pour l'heure, ni le prix de vente, ni l'acquéreur ne sont connus. Cela dit, la transaction est, dit-on, «très avancée».

Quant à Balair, la compagnie charter du groupe, elle va être restructurée et ses activités intégrées à celles de Crossair et de Swissair.

Autre gros souci de SAirGroup: sa participation dans la compagnie belge Sabena. Aucune solution n'a visiblement été trouvée, du moins pour l'instant. Mais Mario Corti promet une décision pour cet été.

Le transporteur helvétique veut donc réduire ses investissements à l'étranger, notamment dans des compagnies aériennes. Pour autant, il ne renoncera pas aux accords qui lui ont permis de tisser toute une série d'alliances, au sein du Qualiflyer Group ou avec American Airlines par exemple.

Il faut dire que le trou financier révélé ce lundi est encore plus gros que prévu. La perte nette essuyée par l'ensemble du groupe l'année dernière se monte en effet à 2,885 milliards de francs suisses, contre un bénéfice de 273 millions en 1999. Et cela malgré une augmentation de 25% du chiffre d'affaires, à 16,3 milliards.

Principales responsables de ce gouffre financier, les compagnies étrangères contrôlées par SAirGroup. La belge Sabena enregistre une perte nette de 496 millions de francs suisses. Et l'addition est encore plus lourde, on l'a vu, en France, où AOM, Air Liberté et Air Littoral ont perdu quelque 600 millions de francs suisses. Quant à la compagnie charter allemande LTU, elle inscrit 343 millions en chiffres rouges.

Cela dit, l'exercice 2000 n'est pas brillant pour les compagnies suisses du groupe. Swissair, le fleuron, le symbole national, enregistre un déficit d'exploitation de 195 millions. Pertes également, mais plus légères, chez Crossair (20 millions) et Balair (25 millions).

Mario Corti a d'ailleurs insisté sur le fait que les participations étrangères n'étaient pas seules responsables de la catastrophe. Selon lui, l'ensemble des activités du groupe n'est pas assez rentable. Autres éléments du diagnostic établi par le Dr Corti: SAirGroup a connu une expansion trop rapide et ses structures sont trop complexes.

Le nouveau patron veut donc recentrer le groupe sur ses activités de base et simplifier radicalement ses structures. Il souhaite également des objectifs de rentabilités supérieurs, mais différenciés, pour les activités aériennes et non-aériennes du groupe.

Toutefois, pour remettre SAirGroup à flot, Mario Corti aura besoin d'appuis supplémentaires. Il négocie pour cela actuellement un paquet financier avec les deux grandes banques suisses (le Credit Suisse et l'UBS), la Deutsche Bank et un institut américain.

Enfin, sur le plan symbolique, Mario Corti a décidé de reprendre le nom de Swissair pour l'ensemble du groupe. Introduit il y a quatre ans seulement par l'ancien directeur-général, Philippe Bruggisser, SAirGroup disparaîtra donc d'ici à la fin de cette année. «Une manière, conclut Mario Corti, d'indiquer que nous prenons un nouveau départ».

Pierre Gobet, Zurich


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