Migros voit la vie en rose

Claude Hauser, président de la Fédération des coopératives Migros. Keystone

Depuis qu'il a succédé à Jules Kyburz à la présidence de la Fédération des coopératives Migros (FCM), en juillet 2000, Claude Hauser a de bonnes raisons d'être satisfait. Le géant orange se porte au mieux et voit son avenir en rose, sans trop de crainte de la concurrence étrangère.

Ce contenu a été publié le 24 janvier 2001 - 18:24

Avec ses 19 milliards de chiffre d'affaires - dont 13,5 pour le commerce de détail -, le groupe Migros a connu un exercice 2000 exceptionnel. Après des années de stagnation, les affaires ont augmenté de 3,1% dans le secteur d'activité principal, alors que le budget prévoyait une hausse de 2,9% seulement.

Bien sûr, les actions spéciales du jubilé (Migros fêtait l'an dernier ses 75 ans) ont contribué à doper les résultats, mais pour l'année en cours, le géant orange entend poursuivre dans une politique commerciale agressive, qui devrait permettre une nouvelle progression de 3% du chiffre d'affaires.

Migros ouvrira également au cours de l'été sa quatrième grande surface hors des frontières suisses, à Bad-Säckingen, en Allemagne. Pour Claude Hauser, cette expansion dans les zones frontalières vise avant tout à désenclaver le marché suisse, mais le nouveau président de la FCM n'est pas l'homme qui lancera le groupe à l'assaut du marché européen.

«Nous bénéficions d'une position dans notre pays d'origine que nombre de nos concurrents nous envient, explique Claude Hauser. Migros n'a pas pour vocation de s'étendre à l'étranger. Par contre, si nous voulons garder notre taille critique, nous aurons besoin à l'avenir de développer nos alliances internationales - qui fonctionnent déjà bien - dans le secteur des achats».

A propos de taille critique justement, Claude Hauser n'a pas de complexes face à des géants comme Carrefour, numéro un de la distribution en Europe, qui pèse cinq fois le poids de l'ensemble du groupe Migros et qui vient de racheter les centres Jumbo. Pour lui, le M orange est pratiquement indétrônable en Suisse, mais difficilement exportable à l'étranger.

Seule ombre au tableau: les performances médiocres (-8%) des magasins ABM, acquis avec le groupe Globus. «ABM est encore à la traîne, admet Claude Hauser, mais nous testons actuellement un nouveau concept, en collaboration avec une chaîne textile italienne. Il semble que l'idée ait déjà séduit la clientèle et les chiffres ne devraient pas tarder à remonter».

Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes orange possible. Et contrairement à son homologue de la Coop Hansueli Loosli, Claude Hauser n'annonce pas de révolution en vue à Migros.

«Nous n'avons simplement pas besoin de tout changer. Nous sommes en train de mettre en place une centralisation de la gestion de certains de nos assortiments et une unification de nos systèmes informatiques, qui devrait nous faire gagner plusieurs de centaines de millions par année», explique Claude Hauser.

Au niveau du marketing par contre, le nouveau patron de la FCM s'efforcera de rendre son entreprise plus dynamique. «Nous sommes pionniers dans de nombreux domaines, de la sécurité alimentaire au respect de l'environnement, en passant par le commerce équitable et il serait bon que nous le rappelions plus souvent», conclut Claude Hauser.

Marc-André Miserez

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