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Mobilisation générale pour éviter une pénurie d'enseignants

Dans le primaire, les enseignants manquent déjà en Suisse alémanique.

(Keystone Archive)

La profession d'enseignant n'a plus la cote. Afin d'éviter un manque d'enseignants, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) propose une campagne nationale visant à revaloriser la profession. Insuffisant, affirment les syndicats qui réclament une réadaptation des salaires.

Toutes les régions ne sont pas concernées de la même façon. La CDIP admet que certains cantons doivent déjà faire face à un manque d'enseignants. Sans pour autant articuler un chiffre précis.

Pour ce qui est du primaire, c'est déjà le cas en Suisse alémanique. En revanche, la situation entre l'offre et la demande reste relativement équilibrée en Suisse romande.

Mais, la CDIP estime que la situation n'est pas dramatique. En tout cas, pour l'instant. Elle entend toutefois mobiliser ses troupes pour éviter une potentielle aggravation du problème.

Son constant est simple et inquiétant: les enseignants n'hésitent plus à changer de profession au cours de leur existence. Ainsi, depuis le début de la reprise économique, nombre d'enseignants ont été recrutés par les entreprises privées.

Pour susciter de nouvelles vocations, le CDIP propose de lancer une campagne nationale visant à redorer le blason de la profession. Un groupe de travail, regroupant des représentants de l'instruction publique mais aussi des syndicats des enseignants, est chargé d'en définir le contenu d'ici à la fin de l'année.

La CDIP souhaite également élargir les possibilités de promotion et de carrières ouvertes aux enseignants. Il estime d'ailleurs que la mise en place des Hautes écoles pédagogiques (HEP) devrait contribuer à améliorer l'attractivité de la profession. Une position qui n'est pas entièrement partagée par les syndicats.

«Certes, les HEP.contribueront à améliorer la formation, admet Marie-Claire Tabin, présidente du syndicat des enseignants romands (SER). Pour autant, je ne pense pas que ce soit suffisant pour encourager les jeunes à choisir cette profession.»

Et la présidente du SER de préciser: «avec un niveau de maturité fédérale, un élève pourra choisir entre l'université ou la HEP. Compte tenu des débouchés offerts par la filière de l'enseignement, les choix risquent d'être vite fait».

C'est que la profession traverse aujourd'hui une véritable crise identitaire. Et pour le SER, il faudra bien plus qu'une amélioration de la formation ou une campagne de communication pour changer la donne.
Pour Marie-Claire Tabin, la profession a besoin de retrouver la reconnaissance du public autant que celle des autorités. «L'école doit être considérée comme un fondement de notre société, affirme-t-elle.»

Mais, la reconnaissance sociale ne suffit pas à susciter des vocations. «Les salaires doivent être en adéquation avec les responsabilités auxquelles les enseignants doivent faire face», souligne Marie-Claire Tabin.

Et la syndicaliste de souligner que, dans un même temps, les enseignants ont dû faire face à une détérioration de leurs conditions de travail et à une réduction de leur pouvoir d'achat. Autant d'éléments susceptibles de contribuer à ternir l'image de la profession.

Qu'en est-il de la situation chez les Suisses de l'étranger? Malgré des salaires nettement inférieurs à ceux pratiqués dans le pays, les 17 écoles suisses à l'étranger, elles, ne rencontrent pas de problèmes de recrutement.

«L'intérêt de vivre et d'expérimenter sa profession durant quelques années à l'étranger reste un atout suffisamment attractif pour les enseignants, explique Irène Spicher, représentante du comité des Ecoles suisse à l'étranger. Une expérience de vie d'autant plus attrayante que le contrat d'engagement peut se limiter à trois ans.»

Vanda Janka


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