Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Morandi / Hollan: la peinture à l'écoute du visible

Giorgio Morandi, «Nature morta», 1957 (Musée Jenisch, Vevey)

(swissinfo.ch)

Jusqu'au 26 août, une exposition à Vevey réunit deux peintres de natures mortes, d'arbres et de paysages, l'Italien Giorgio Morandi et le Hongrois d'origine Alexandre Hollan.

Les parentés thématiques et les affinités spirituelles se jouent de l'écart entre les générations et de la distance qui sépare les pays. Vingt ans après avoir réuni sous le même label de «peintres du silence» un Giorgio Morandi, un Mark Rothko et un Italo Valenti, entre autres, le Musée Jenisch de Vevey rapproche deux peintres qui se vouent «à l'écoute du visible»: Giorgio Morandi (1890-1964) y est confronté cette fois à son cadet Alexandre Hollan (né en 1933 à Budapest, il a émigré en France en 1956).

Le parcours du peintre de Bologne est exemplaire de l'accueil que reçoit une œuvre droite et subtile, réfractaire à tout effet spectaculaire. Auteur de natures mortes principalement, et de paysages aux tonalités passées, beiges et grises, Morandi a été la vedette de la 24e Biennale de Venise, en 1948, et de la 1ère Documenta de Kassel, en 1955.

Héritier de Vermeer, pour son intimisme, de Chardin et de Corot, pour son attention portée aux petites choses, il s'est attaché à représenter des pots, vases et autres récipients, réduits à des cubes de teinte claire, adossés frileusement les uns aux autres. Cette insistance à composer des tableaux sobres et dénudés, pourtant investis d'une grande sensibilité, a fait la renommée de Morandi.

Alexandre Hollan aime lui aussi restituer la «vie silencieuse» des choses, formule qu'il préfère à celle de nature morte. Ses tableaux, à l'aquarelle, à la gouache ou à la peinture acrylique, ou encore au fusain, présentent des objets monumentaux, ou plutôt des masses, qui emplissent l'espace. Les surfaces travaillées vibrent et chantent. L'effet en est d'une présence débordante, réconfortante.

Laurence Chauvy

×