Moritz Suter jette l'éponge

swissinfo.ch

Le bras de fer n'aura pas eu lieu. Moritz Suter a annoncé sa démission lors de l'assemblée générale de Crossair. L'augmentation de capital passe la rampe.

Ce contenu a été publié le 06 décembre 2001 - 17:29

Phoenix va pouvoir s'envoler sans trop de turbulences. Le président et fondateur de la compagnie bâloise a en effet annoncé la démission de l'ensemble de l'actuel conseil d'administration. Moritz Suter se retire donc. Complètement.

Une annonce faite face à plus de 2500 d'actionnaires réunis depuis le début de l'après-midi dans la halle Saint-Jacques de Bâle. Une assemblée tenue dans une atmosphère chargée d'émotions.

Le fondateur a réglé ses comptes

«Il m'est difficile de prendre congé», a avoué Moritz Suter, interrompu à de nombreuses reprises par des applaudissements. Dans la pénombre clignotaient des dizaines de petits cœurs lumineux, témoignage de soutient et de fidélité, notamment des employés, à «leur» Crossair.

Mais, avant de jeter l'éponge, le fondateur a tenu à régler ses comptes, notamment vis-à-vis du groupe de pilotage chargé par les nouveaux investisseurs de sélectionner de nouveaux administrateurs. Un groupe dirigé par le président de Nestlé, Rainer E. Gut.

«Je respecte bien entendu le fait que les actionnaires désignent le conseil d'administration», a admis Moritz Suter. Mais il n'a pas caché l'amertume avec laquelle il a vécu ce choix. Avant de conclure: «Quelque chose ne va pas dans ce pays, au plus haut niveau de la politique et de l'économie».

En fait, les débats ont à plusieurs reprises tourné autour de la question de la cohésion nationale. Zurich et les grandes banques ont été montrées du doigt. Un actionnaire est monté à la tribune pour comparer Zurich à un éléphant et la Suisse à un magasin de porcelaine.

Un autre, reprenant le geste de Nikita Kroutschov à la tribune des Nations unies, s'est servi de sa chaussure pour appuyer ses propos: «Non, Monsieur Gut, comme cela ça ne va pas», s'est-il exclamé. Moritz Suter a de son côté averti les nouveaux maîtres de Crossair: «Il en va de la Suisse, pas seulement de Zurich ou d'un petit cercle qui croit pouvoir décider de l'économie suisse».

Alors qu'elle s'étirait, l'assemblée n'avait pas encore, en fin d'après-midi, procédé à l'élection du nouveau conseil d'administration, qui doit être présidé par le Hollandais Pieter Bouw, ancien patron de KLM. Les actionnaires ont en tout cas accepté sans problème l'augmentation très substantiel du capital de Crossair, qui devrait atteindre, au maximum, près de 2,8 milliards de francs.

Pierre Gobet, Bâle

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