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La chanson… et l’ombre de Brassens

«40 ans, 40 tubes», c’est le titre du spectacle qui a été présenté le 20 octobre à Montreux pour célébrer le quarantenaire de l’OIF. Ambiance dans les loges.

«Je suis un chef d’Etat. Le chef de l’Etat du Burundi», lance Alain Souchon, en se marrant, au responsable de la sécurité de l’entrée des artistes...

Ils sont venus, ils sont tous là, pourrait chanter Aznavour. Des Français (Souchon, mais aussi Sylvie Vartan, Maxime Le Forestier, Camelia Jordana, Zaz), une Québécoise (Diane Dufresne), des Belges (Maurane, Axelle Red), un Réunionnais (Gérald de Palmas), des Maliens (Amadou & Mariam), un Algérien (Khaled), des Haïtiens (le groupe «Haïti en scène»), et même des Suisses, l’imitateur Yann Lambiel et le chanteur Jérémie Kisling. Cela pour chanter la Francophonie, à l’occasion d’un spectacle produit et diffusé par la Radio Télévision Suisse, qui sera relayé ensuite par les différents canaux de TV5, la RTBF, France 3 etc.

Rencontré peu auparavavant dans sa loge, Jérémie Kisling, quoique peu habitué «à ces grandes messes», reconnaît son plaisir d’être là. Et n’est pas aigri de s’atteler à une chanson de Claude François (signée par le Suisse Patrick Juvet), «Le lundi au soleil», faute de détenir un tube personnel suffisamment important à l’aune de la Francophonie – ou peut-être plutôt de la télévision française: c’est Daniela Lumbroso et Philippe Robin qui animent la soirée.

Au fait, quels artistes ont participé à la construction artistique de Jérémie Kisling? Et le chanteur de citer Souchon, Renaud, Barbara, Goldman («des textes assez engagés, mine de rien») et, en tête de liste, Brassens. «Mon père l’écoutait et le chantait tout le temps, bien d’ailleurs», dit-il. Brassens, dont Maxime Le Forestier interprétera «Mourir pour des idées» au cours du spectacle. Brassens, dont Zaz, dans sa loge également, me chantonnera quelques mots et notes de sa voix si joliment patinée: «Je n’avais jamais ôté mon chapeau, devant personne…»

De la Francophonie, c’est la langue que retiennent Zaz comme Kisling, et non la dimension politique. Kisling dit son goût pour le français, les expressions régionales et les accents en particulier. Et Zaz, après s’être interrogée sur les relents colonialistes que peut avoir le mot ‘Francophonie’, souligne aussi son amour de la langue. A tel point qu’elle se rêve un instant non francophone pour avoir le plaisir de découvrir la langue française «de l’extérieur»!

Le spectacle va bientôt commencer… le tapis rouge est déroulé, les invités peuvent le fouler. De mon côté, je rentre à l’hôtel. Ben oui: la Francophonie défend des valeurs démocratiques et égalitaires, mais pour le spectacle du quarantième, certains sont plus égaux que d’autres, selon l’expression coluchienne. De toute façon, «40 ans, 40 tubes» passe à la télé…

Texte et photos: Bernard Léchot, Montreux, swissinfo.ch