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Un prix dans ta langue

Elle est née en 1972 dans la Roumanie du bloc de fer et son accent caresse l’oreille. Liliana Lazar a reçu vendredi au château de Chillon le Prix des cinq continents de la Francophonie 2010 des mains d’Abdou Diouf. Très fort.

«Un conte cruel, politique et métaphysique, où, dans la lutte entre le bien et le mal, devant la brutalité des faits, il n’y a pas de rédemption». Le jury du Prix des cinq continents de la Francophonie a donc tranché cette année pour un roman dru, intitulé «Terre des affranchis», aux éditions Gaia. On ne l’a pas lu, on n’en dira pas plus.

Ou plutôt, on dira notre éblouissement face à ce choix inconcevable d’écrire dans une langue qui n’est pas la sienne au départ. C’est le cas de Liliana Lazar. Evidemment, la Roumaine a de qui tenir - Ionesco, Cioran, Tzara et autres - mais tout de même!

Liliana Lazar dit qu’elle a découvert le français dans un vieux manuel en noir et blanc. Quand le maître arrivait en classe, on lui lançait un «Bonjour camarade professeur!» Ses parents, auxquels elle dédie son prix, ne parlent pas un mot de sa langue de plume, mais ses frères et sœurs, en amoureux de celle-ci, ont été sa grande chance, dit-elle.

Balzac et Molière furent ses premières découvertes en français et, avec la chute du mur, sa langue de l’enfance, de l’émotion, le roumain, s’est retiré devant ce qui pour elle est devenu «la langue de l’âge adulte, où tout est possible». Le français.

«C’est une langue rebelle, exigeante, qui prend son temps. Elle n’a pas besoin d’être efficace, elle ne sera jamais la langue des affaires», dit Liliana Lazar. Mais chut!, les murs ont des oreilles.

Texte et photos: Pierre-François Besson, Montreux, swissinfo.ch

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