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Négligés, les Romands de Suisse alémanique?

Les Romands sont toujours moins nombreux à Zurich.

(Keystone Archive)

Le Cercle francophone de Zurich fête son 100e anniversaire sur fond d’inquiétude face à la perte du «souci confédéral» des Zurichois.

Un constat dressé également ailleurs en Suisse alémanique, où la population résidente d’origine francophone a diminué.

75'384: c’est le nombre exact de francophones résidant en Suisse alémanique au moment du dernier recensement fédéral, en 2000 (contre 154'536 italophones, à titre comparatif).

La communauté de langue française a ainsi perdu 4164 âmes depuis 1990 (environ 5%), alors que la population générale a augmenté de près de 6% en Suisse alémanique, à 5,2 millions. (La baisse du nombre de germanophones en Suisse romande est encore plus forte et atteint plus de 12%).

Les statistiques existant dans certaines villes confirment cette tendance. Ainsi, Berne a perdu 20% de ses francophones entre 1980 et 1990. Dix ans plus tard, ce sont 10% supplémentaires qui ont quitté la capitale.

En 2000, Berne comptait 4671 francophones (sur une population totale de quelque 126’000 personnes). L’abandon de l’obligation de domicile pour les fonctionnaires et la proximité de la Suisse romande sont pour beaucoup dans ces départs.

Cercle centenaire



A Zurich, plus grande ville du pays avec quelque 365’000 habitants, le français a perdu 2,6% de ses pratiquants entre 1990 et 2000 et n’est que la quatrième langue parlée, quasiment à égalité il est vrai avec l’espagnol, mais derrière l’italien et le serbo-croate.

Quelque 8000 francophones vivent dans la métropole et 17’000 dans tout le canton, qui compte toujours, de par sa taille et ses grandes entreprises, la plus forte communauté francophone du pays.

Ces francophones ont fêté ce week-end le lancement des festivités du centenaire de leur Cercle, appelé «suisse français» jusqu’en 2001, et «francophone» depuis, preuve de l’ouverture aux ressortissants français, belges ou africains.

Malgré les mots apaisants des autorités zurichoises, («dialogue», «enrichissement culturel», etc.), beaucoup de francophones, surtout ceux qui vivent en Suisse alémanique depuis plusieurs décennies, sont inquiets pour l’entente confédérale.

«Les Zurichois ne viennent pas vous chercher, il faut aller vers eux. Et avec l’anglais qui devient omniprésent, c’est encore plus difficile», dit ainsi Antoinette Nussbaum, membre du Comité du Cercle francophone.

Connu pour ses cris d’alarme, l’ancien rédacteur en chef de «La Liberté», José Ribeaud, qui habite le canton de Zurich depuis près de 40 ans, est parmi les plus négatifs sur l’évolution de la situation.

«Aucune envie» de dialogue

«La communication devient extrêmement difficile, dit-il. Les Alémaniques, qui se replient sur leur dialecte, ne savent plus aucune langue. Ils ont capitulé devant l’anglais. Ils sont gentils avec nous mais, au fond, ils n’ont aucune envie de parler avec nous.»

A Lucerne, où le français que l’on entend dans les rues est surtout le fait de touristes, le président de l’Alliance française Igor Allinckx constate également une déperdition de connaissances.

«Il est de plus en plus difficile de parler le français, explique-t-il. Avec des interlocuteurs qui ont plus de 30 ans, cela va encore. Mais les plus jeunes ne comprennent parfois pas un seul mot».

Ce qui ne rend pas l’acclimatation facile, même lorsqu’on débarque avec une forte volonté de s’intégrer et donc d’apprendre l’allemand (au moins standard, si ce n’est le dialecte), ce qui est le cas de la plupart des «expatriés».

Admiratif devant le multilinguisme des Suisses, Igor Allinckx regrette que cette qualité «se perde de plus en plus».

Lucerne, ville touristique, est aussi connue pour son ambiance chaleureuse. Ce qui ne semble pas être spécialement le cas de St-Gall.

La Locloise Dominique Andermatt, qui y a suivi son mari, raconte sa difficile expérience, sans amertume. «Les gens sont très fermés. Cela fait neuf ans que je suis ici et je n’ai aucune amie d’origine st-galloise.»

Dialecte en progression

Le repli alémanique sur le dialecte crée une séparation supplémentaire. «Il y a de plus en plus de textes officiels écrits en suisse allemand, des annonces mortuaires, des circulaires à l’école», raconte Dominique Andermatt.

Dans ces conditions, l’Alliance française que préside la Locloise est, peut-être ici plus qu’ailleurs, une bouffée d’air frais pour les nouveaux arrivants.

Mais comme toujours, la réalité n’est pas une et indivisible. Et beaucoup de Romands ont aussi fait l’expérience d’un accueil chaleureux.

Ainsi, le secrétaire du cercle romand de Winterthour, Alexandre Gross, ne tarit pas d’éloges. «Dans mon village, les gens font des efforts pour parler le français. Moi j’ai plutôt l’impression que les Suisses allemands nous aiment plus que nous ne les apprécions...»

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

En bref

- Le nombre de francophones en Suisse alémanique est passé de 79 500 à 75 400 personnes entre 1990 et 2000 (-5% environ), alors que la population augmentait de plus de 6% à 5,2 millions d’habitants outre-Sarine.

- En Suisse alémanique toujours, le nombre d’italophones a «fondu» de 210 800 à 154'500 (-26,5%) entre 1990 et 2000. (La diminution est d’un peu plus de 25% en Suisse romande).

- Dans le même laps de temps, le nombre de germanophones en Suisse romande a diminué de plus de 12%, passant de 100'000 à 87 400 personnes (sur 1,7 mio d’habitants).

- Dans toute la Suisse, ce sont les langues non nationales qui ont le vent en poupe et sont parlées par près de 10% de la population.

- A Zurich, le français a perdu 2,6% de ses pratiquants entre 1990 et 2000 et est, avec environ 8000 pratiquants, la quatrième langue parlée, à quasi égalité avec l’espagnol, mais derrière l’italien et le serbo-croate.

- La ville de Berne a perdu 20% des ses francophones entre 1980 et 1990. Dix ans plus tard, ce sont 10% supplémentaires qui ont quitté la capitale.

- En 2000, Berne comptait 4671 francophones (sur une population totale de quelque 126'000 personnes).

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