Nagano et les fantômes suisses du CIO

Le scandale lié à la candidature de Nagano demeure dans la mémoire des japonais. Keystone

La station japonaise, théâtre des JO de 1998, ne s'est pas remise du scandale lié à sa candidature. La Suisse y est synonyme de malversations olympiques.

Ce contenu a été publié le 08 février 2002 - 08:18

Une journée ordinaire, devant la préfecture de Nagano où le nouveau gouverneur, l'indépendant Yasuo Tanaka, s'est installé dans un bureau aux parois de verre pour symboliser sa volonté de transparence.

Un fonctionnaire s'approche, avant de se raviser à la première question sur le CIO et sur les malversations anciennes. «Ce qui s'est passé dans les couloirs du quartier général du mouvement Olympique à Lausanne, nous a fait beaucoup de mal, explique-t-il. Ici, l'image de la Suisse est un peu mitigée.»

Des enveloppes de pots de vin

Le nouveau gouverneur Yasuo Tanaka, un écrivain très populaire élu sur une liste anti-establishment, est plus direct: «ce ne sont pas les skieurs suisses qui ont marqué Nagano, mais les enveloppes bien remplies des pots de vin».

Tanaka, qui ne mâche pas ses mots, reprend ainsi à son compte les soupçons de la commission d'enquête japonaise sur les conditions d'attribution des JO d'hiver de Nagano en 1991.

Il accuse le Musée Olympique de Lausanne d'avoir reçu plusieurs millions de dollars de dons de la part du milliardaire japonais Yoshiaki Tsutsumi, propriétaire de la chaîne de magasins Seibu.

Il tire à boulets rouges sur les pratiques en vigueur à l'époque au siège du CIO. «Les billets d'avion aller retour Suisse-Japon en première classe ont coulé à flots, poursuit-il. Les promoteurs de la candidature de Nagano avaient donné ordre de «satisfaire par tous les moyens les exigences des dignitaires du CIO.»

Une improbable vérité

Un autre fantôme suisse pèse sur Nagano: celui du contrat qu'aurait passé avant l'attribution des jeux la municipalité de Nagano avec une agence de relations publiques helvétique, IMS Studio 6, basée à Lausanne.

Cette firme, dirigée par le fils d'un proche de Juan Antonio Samaranch, l'ancien président du CIO, aurait touché selon la presse japonaise 350 000 dollars de commissions pour des prestations fictives.

«Cela fait plus de dix ans que les JO de Nagano ont été attribués, mais les soupçons demeurent. La tache suisse est indélébile», se risque un diplomate.

Et il est peu probable que la vérité soit connue un jour. En effet, en 1998, la municipalité de Nagano a brûlé la plupart des documents relatifs au lobbying effréné pour obtenir les jeux.

Richard Werly, Nagano

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