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Naufrage de l'Express Samina: les victimes suisses demandent justice

L'Express Samina deux semaines avant le naufrage qui a fait 82 victimes. (archives keystone)

Sept Suisses, rescapés du naufrage de l'Express Samina qui a sombré au large de l'île de Paros le 29 septembre, portent plainte contre la compagnie propriétaire du bateau.

Au total, 82 personnes sont mortes noyées dans le naufrage. Des dizaines d'entre elles ont pu être sauvées. Parmi elles, sept Suisses - un couple de Bernois, les Bauman , trois étudiants de l'université de Bienne et un couple de Genève dont le mari est un égyptien installé en Suisse.

Tous ont décidé de porter plainte contre la compagnie MFD propriétaire du Samina express. Mais c'est Stephan et Evelyn Bauman qui ont ouvert la danse en demandant, via leur avocat Maître Ilias S. Bissias, des mesures conservatoires d'un montant total de 100 millions de drachmes (450 000 francs) pour chacun. Et ceci depuis le 5 décembre dernier.

Les Bauman sont les premières victimes étrangères du naufrage à avoir saisi les tribunaux grecs. D'autres, des Norvégiens et des Allemands, devraient suivre. Mais selon maître Bissias, qui ne s'occupe que des Suisses, «la distance géographique ne leur facilite pas la tâche».

Ce premier procès pour l'obtention des mesures conservatoires a été très rapide. Il a tourné en faveur des victimes, puisque les juges ont suivi la demande de l'avocat qui revendiquait la saisie conservatoire de deux navires de la compagnie, les «hight speed 3 et le hight speed 4».

Ainsi, au terme de cette décision, la compagnie ne peut plus vendre ces bâtiments au moins jusqu'au 23 janvier prochain, date du second procès pour les époux Bauman.

De plus, si tout va bien, dès vendredi, maître Bissias déposera plainte au nom des 5 autres victimes suisses.

Les deux couples suisses étaient en lune de miel. Outre le fait qu'ils ne se connaissaient pas auparavant, ils venaient en Grèce pour la première fois. De même, ils naviguaient pour la première fois sur un bateau de ce type. Tous réclament le même dédommagement.

La jurisprudence jouera sans doute en leur faveur. En effet, un jeune naufragé grec de 19 ans a récemment obtenu une décision judiciaire favorable. Il a obtenu 100 millions de drachmes (450.000 francs).

«Mais cela ne veut pas dire qu'il va les obtenir», souligne l'avocat. Car c'est maintenant que commence toute une négociation avec la partie adverse. C'est à dire la Tranwest of England Scheep Owner Mutuel Insurance, l'une des compagnies d'assurance «les plus sérieuses du marché», selon maître Bissias.

Selon l'avocat, qui collabore avec l'ambassade de Suisse en Grèce et avec un bureau d'avocats à Zurich, plusieurs questions se posent. D'abord, pourquoi cet accident, pourquoi cet échouage sur des récifs archis connus alors qu il faisait beau temps? Et surtout, pourquoi autant de victimes? Ne pouvait-on pas en sauver davantage? Est-ce que toutes les mesures de sécurité avaient été prises. Le navire disposait-il d'un nombre suffisant de canots de sauvetage. Enfin, étaient-ils en bon état?

Le Samina Express avait subit un contrôle peu avant d'embarquer. Mais il reste à déterminer, qu'elle était la qualité de ce contrôle. Sur les deux points soulevés par Maître Bissias, une enquête est ouverte. Il est encore trop tôt pour se prononcer d 'autant qu'un premier expert a démissionné sans donner de raison.

Enfin le récent suicide de l'armateur «ne change rien à la procédure à suivre», a conclu l'avocat. «Si ce n'est que si dans la seconde phase de cette bataille judiciaire - qui s'annonce très longue - des responsabilités pénales lui sont reconnues, l'armateur ne sera plus là pour en répondre».

Angélique Kourounis, Athènes

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