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Nessim Gaon met en cause l'Etat français

Nessin Gaon veut que la Russie lui rende ses 160 millions de dollars. Keystone Archive

Alors que les sentences de la Chambre de commerce de Stockholm en faveur de l'ancien milliardaire genevois sont exécutoires dans l'Hexagone, le gouvernement français tente par tous les moyens de protéger les intérêts russes sur son territoire. Nessim Gaon porte plainte.

Ce contenu a été publié le 17 août 2001 - 12:11

Le 22 juin dernier, un huissier de justice avait tenté de saisir deux avions russes invités au salon du Bourget. Nessim Gaon cherche ainsi à se faire rembourser une dette estimée à 160 millions de dollars des Russes à l'encontre de sa société Noga. Mais l'organisateur du salon lui a mis des bâtons dans les roues, afin de permettre aux deux appareils de décoller.

Feuilletons de l'été

«Vous vous doutez bien que ce n'est pas le responsable de la tour de contrôle qui a pris la responsabilité de laisser partir les avions», note Marc Bonnant, l'avocat de Nessim Gaon, qui porte plainte contre inconnu. Il accuse le pouvoir français de ne pas avoir respecté la séparation des pouvoirs entre le politique et le juridique.

En clair, la Cour d'Appel de Paris a décidé en mars 2001 que les sentences prononcées par le Tribunal arbitral de la Chambre de commerce de Stockholm, concernant le litige opposant Nessim Gaon à la Russie, sont exécutoires en France. L'homme d'affaires genevois peut donc récupérer son dû (estimé à 160 millions de dollars) en saisissant des avoirs russes.

Seulement voilà, Jacques Chirac, attendu en visite officielle à Moscou, au lendemain du salon du Bourget, n'avait nullement l'intention de se fâcher avec le chef du Kremlin pour une histoire d'avion. «Nous continuerons nos actions à l'infini jusqu'à satisfaction», prévient le défenseur de Nessim Gaon. Puis il ajoute, amusé, «je veille à l'intérêt des feuilletons de l'été».

Dans un coffre suisse

Pourquoi cet acharnement sur les biens russes en France? «Je choisis les actifs russes là où ils se trouvent. Les meetings aériens en Angleterre sont d'une bonne tenue m'a-t-on dit», ajoute Marc Bonnant, qui n'exclut pas non plus une opération dans la Confédération.

L'interventionnisme de l'Etat français ne s'est pas arrêté au salon du Bourget. Le 9 juillet, Nessim Gaon avait obtenu l'autorisation de saisir le matériel nécessaire pour découvrir les responsables de la fuite des avions.

L'Etat français a tout de suite fait appel et a obtenu gain de cause: enregistrements et cassettes ne devaient pas être saisies. Manque de chance, les preuves avaient déjà quitté la France, vraisemblablement pour un coffre suisse.

Ian Hamel

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