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Nessim Gaon tente en vain de clouer au sol deux avions russes

Parmi les premiers hommes d'affaires à traiter avec la Russie, Nessim Gaon ne parvient pas à récupérer sa mise.

(Keystone Archive)

Pour récupérer l'argent que lui doit la Fédération de Russie, le Genevois Nessim Gaon avait fait saisir un de leur voilier l'année dernière. Le patron de la société Noga récidive vendredi au Salon du Bourget, en bloquant quelques heures un Soukhoï et un Mig. Les deux avions ont finalement pu s'envoler, avec l'accord des autorités françaises.

«On va nous accuser de ne pas avoir le sens de la fête», ironise Marc Bonnant, l'un des avocats de Nessim Gaon. En juillet 2000, la société Noga avait fait saisir dans le port de Brest le «Sedov», l'un des plus beaux quatre-mâts du monde, battant pavillon russe, le centre d'attraction de la fête maritime du port breton.

La société suisse recommence cette année en plein Salon du Bourget, en tentant de mettre la main sur deux avions appartenant à Moscou, un Soukhoï SU 30 et un Mig. Mais les appareils ont pu décoller cet après-midi. Cette tentative de saisie «vise surtout l'effet médiatique, pour empoisonner cette grande fête aéronautique», protestait aussitôt l'ambassadeur de Russie à Paris.

Le diplomate ajoutait que cet incident risquait de donner «un mauvais effet aux relations franco-russes», d'autant que le président Chirac doit se rendre à Moscou et à Saint-Pétersbourg à la fin du mois. Il n'empêche, la Russie doit effectivement autour de 150 millions de dollars à la société suisse Noga et refuse d'honorer sa dette.

En 1991, Nessim Gaon est l'un des premiers hommes d'affaires à secourir la Russie. Il échange cacao, aliments pour bébé, pesticides, contre du pétrole. Mais les affaires tournent mal. En 1997, le Tribunal arbitral international de Stockholm condamne Moscou à verser 23 millions de dollars à la société Noga. Depuis, le groupe genevois a remporté deux autres victoires. Depuis, l'addition pour la Fédération de Russie a été multipliée par cinq.

«Il s'agit d'une créance fondée sur des décisions judiciaires définitives et exécutoires», rappelle maître Bonnant. «Je choisis les actifs russes là où ils sont. S'il en existe également en Suisse, je les fais saisir dans les vingt-quatre heures», ajoute l'avocat genevois.

L'année dernière, le tribunal de grande instance de Brest avait levé la saisie sur le «Sedov» au bout de quelques jours, après, dit-on, un appel téléphonique de Jean-Claude Gayssot, le ministre français des transports, dirigeant du Parti communiste.

Cette fois, le scénario a été beaucoup plus rapide, puisque les deux appareils ont été rendus à leur propriétaire, la Fédération de Russie, dans la journée même.

Ian Hamel

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