Noëlle Revaz, un chant à la terre

Le comédien Philippe Mathey dans le rôle de Paul. Christian Lutz

L'auteur valaisanne signe l'adaptation théâtrale de son roman «Rapport aux bêtes».

Ce contenu a été publié le 04 novembre 2003 - 17:06

Andrea Novicov le met en scène à Genève, avant une tournée romande. Il étouffe, hélas, un texte qui respire le plein air.

La langue de Noëlle Revaz est à la Suisse rurale ce que la cuisine est à chaque région: un produit du terroir.

On pourrait même filer la métaphore culinaire en disant que les mots de l'auteur valaisanne, dans son roman «Rapport aux bêtes», sont comme jetés sur un sol de terreau qui colle au palais et à la peau.

Une fête champêtre

Ils ont la saveur du «vin fraîchi en bouteilles», le goût des «saucisses aux choux» et l'odeur des «champs après la récolte». Bref, ils vous ouvrent l'appétit et vous invitent à une fête champêtre où se devine au loin le son d'une guinguette.

Il y a chez Noëlle Revaz du Pagnol et du Giono, avec cette capacité à éveiller les sens des gens simples. Ceux qu'elle imagine dans «Rapport aux bêtes» sont des paysans, on s'en doute.

Son héros s'appelle Paul, un fermier fruste qui a tendance à confondre vache et femme.

La sienne de femme répond au nom de Vulve. Vulva pour Georges, saisonnier portugais que Paul a engagé à la ferme.

Georges ouvrira les yeux de son employeur sur les choses de la vie. Et c'est un chant à la terre et à ses artisans qu'on entend alors sous la langue chanelle, drôle, rugueuse et tendre de l'auteur.

Pour vivre, cette langue a besoin d'air libre, de respiration, de larges horizons. Or voilà que le metteur en scène Andrea Novicov la prive d'espace.

Il l'enferme dans une remise (décor Sven Kreter) qui ressemble plutôt à une prison aux murs décatis contre lesquels vient se briser le monologue de Paul.

Paul est incarné par Philippe Mathey. Lequel martèle le texte au rythme d'enjambées frénétiques, stoppées de temps en temps par des pauses d'un lyrisme pathétique.

Revaz en perd sa langue. Et son "Rapport aux bêtes" devient désolation d'être.

swissinfo, Ghania Adamo

«Rapport aux bêtes». Genève, Théâtre Le Poche, jusqu'au 16 novembre. Tel: 022 310 37 59. Tournée romande du 15 janvier au 22 février.

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