Navigation

Nostalgie sans passion

Supertramp avait déjà réveillé les souvenirs des "anciens", le 23 juillet dernier à Zurich. Keystone

Plongée dans les seventies... La deuxième soirée du Paléo Festival s'est conclue par la prestation de Supertramp. Plus de souvenirs que de surprises.

Ce contenu a été publié le 25 juillet 2002 - 15:31

Dans le registre des aspirateurs à public, Paléo, cette année, a résolument fait appel à des noms lourds de souvenirs.

Eighties avec les Pet Shop Boys (mardi) et Cure (jeudi), sixties avec James Brown (vendredi), et seventies, mercredi soir, avec Supertramp qui fit tant danser la deuxième moitié de cette décennie. Jusqu'en 1979... l'album «Breakfast in America», vous situez?

La fête commence par l'harmonica de «School». D'un coup, vous gagnez un gros quart de siècle. Effet garanti.

Puis, histoire de nous ramener à la réalité, le saxophoniste John Helliwell rappelle l'existence d'un nouvel album, «Slow Motion», et le groupe enchaîne sur un extrait de celui-ci. «Over You». Tempo blues. Mais un blues qui évoquerait davantage le balancement des vagues à Bournemouth que les champs de coton.

Tout le spectacle sera construit sur ce mode: quelques nouvelles chansons alternant avec beaucoup d'anciennes - celles que le public attend: «Bloody Well Right», «Give A Litle Bit», «From Now On», «Take The Long Way Home»...

Mémoire narcissique

Rick Davies, fondateur et chanteur, passe tranquillement de son Wurlitzer à un piano acoustique. Mark Hart, substitut de Roger Hodgson parti vers d'autres horizons depuis belle lurette, place avec application sa voix haut perchée dans les traces de son prédécesseur.

Quant à John Helliwell, il alterne les saxophones et tente de remplir une scène sur laquelle ses camarades de jeux, planqués derrière leurs instruments, sont particulièrement effacés.

Car sur scène, Supertramp est tout sauf charismatique. Ni très sexy. Juste des musiciens rodés qui enfilent des perles, avec rigueur et fidélité. Même absence de passion d'ailleurs du côté du public, qui dodeline tranquillement des pieds et de la tête sous la pleine lune.

Bien sûr, les spectateurs ont du plaisir, mais cela se joue surtout du côté de leur mémoire. A la fin des chansons, ce sont leurs souvenirs qu'ils applaudissent...

On pourrait tenir le même propos pour toutes les anciennes gloires? Pas vraiment. Un certain nombre d'entre elles, tout en jouant également sur la mémoire, savent provoquer la surprise, l'émotion, la passion.

Bowie l'a récemment démontré à Montreux. Et on sait que tout concert de Peter Gabriel est une garantie de profond bouleversement.

Pas de folies!

Finalement, chez Supertramp, le problème est peut-être moins dû au poids des années qu'à ce qu'a toujours été le groupe. A-t-il d'ailleurs jamais suscité une réelle ferveur?

Supertramp? Sympa. De chouettes chansons aux mélodies inventives, fluides, et aux arrangements immédiatement reconnaissables. Mais des chansons lisses et sages. Le juke-box des anciens jeunes ni trop rebelles, ni trop illuminés.

1 heure du matin. A «Logical Song», j'ai rassemblé mes petites affaires. A «Goodbye Stranger», je me suis dit qu'on n'avait plus besoin de moi et suis parti. Tant pis pour les rappels. Les autres auraient peut-être dû faire de même... A nos âges, il vaut mieux éviter les excès, non?

swissinfo/Bernard Léchot à Nyon

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.