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Nouveau rebondissement dans l'affaire Cuomo

Devant la justice tessinoise, Cuomo devra répondre de complicité en corruption et d'infraction à la loi fédérale sur les étrangers.

(Keystone Archive)

L'affaire du boss présumé du trafic de cigarettes Gerardo Cuomo continue d'occuper la justice suisse. Ses avoirs bancaires vont être bloqués. Ce nouveau développement intervient au moment où Giuseppe Scelsi, le procureur italien anti-mafia de Bari achève une visite de trois jours en Suisse.

Plusieurs personnes, domiciliées en Suisse, ont été interrogées. Et Giuseppe Scelsi a assisté aux auditions, a indiqué le Ministère public de la Confédération (MPC) dans un communiqué. Mais, le procureur italien est aussitôt reparti pour Bari. Il ne fera donc pas halte à Lugano.

Dès lors, le Napolitain Gerardo Cuomo, arrêté en mai dernier à Zurich, n'a pas rencontré son principal accusateur. L'avocat luganais Mauro Mini, défenseur du contrebandier présumé, a déclaré ne pas avoir été averti personnellement de la venue du procureur italien à Berne.

Il a expliqué que son client aurait souhaité être interrogé pour éclaircir sa position face à la justice de son pays. L'extradition de Cuomo avait été acceptée par l'Office fédéral de justice. Elle a donné lieu à un recours au TF, recours toujours pendant.

Giuseppe Scelsi, qui mène depuis plusieurs années dans la lutte aux contrebandiers internationaux de cigarettes sur l'axe Monténégro-Pouilles notamment, a demandé à Berne la saisie de documents et l'identification de comptes bancaire suisses.

Il a fait le déplacement en Suisse pour interroger les personnes soupçonnées de financer ce trafic et contre lesquelles il a émis 17 mandats d'arrestation. Il a aussi requis la saisie des avoirs de Gerardo Cuomo.

Le procureur anti-mafia s'intéresse aussi à un Tessinois bien connu de la justice helvétique pour avoir trempé, dans les années 80, dans le trafic d'héroïne baptisé «Pizza Connection».

Il s'agit de l'agent de change de Chiasso, Franco della Torre, 59 ans. A en croire Giuseppe Scelsi, della Torre serait le cerveau du trafic international de cigarettes.

Il serait même le chef de Gerardo Cuomo. Des accusations que le Tessinois réfute catégoriquement par le biais de son avocat, Me Renzo Galfetti. L'homme de loi ne se trouvait pas au Tessin mardi et mercredi. Il a promis une déclaration pour la fin de la semaine.

Selon toute vraisemblance, Me Galfetti a accompagné Franco della Torre à Berne. Celui-ci est frappé d'un mandat d'arrêt en Italie mais ne fait pas l'objet d'une enquête en Suisse. Le procureur général tessinois Luca Marcellini a exclu la possibilité d'en ouvrir une.

Entre-temps, l'enquête menée a Tessin contre Gerardo Cuomo et l'ex-juge Franco Verda vient d'être bouclée. Les relations d'amitié que l'ancien magistrat entretenait avec l'Italien recherché lui ont valu la fin d'une brillante carrière.

Franco Verda est accusé de corruption passive aggravée, entrave à l'action pénale et violation répétée du secret de fonction. Devant la justice tessinoise, Cuomo devra répondre de complicité en corruption et d'infraction à la loi fédérale sur les étrangers.

Les deux hommes devraient comparaître ensemble devant une cour correctionnelle de Lugano d'ici l'été. Seulement après avoir définitivement réglé ses comptes avec la justice suisse, l'Italien pourra être livré aux autorités de son pays.

Gemma d'Urso, Lugano

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