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Nouvelles règles d'entrée aux Etats-Unis: Blocher sceptique

Le patron du FBI Robert Mueller (à gauche) et le ministre suisse de la Justice Christoph Blocher.

(swissinfo.ch)

Comme les citoyens de l'UE, les Suisses sont concernés par les nouvelles règles adoptées vendredi par le Congrès américain. Un enregistrement en ligne 48 heures avant le départ sera désormais obligatoire.

En visite à Washington, le ministre suisse Christoph Blocher a exprimé ses doutes sur cette mesure. Il a également présenté le nouveau passeport biométrique helvétique et parlé terrorisme.

«Devoir s'enregistrer et remplir un questionnaire avant un voyage constitue une charge administrative supplémentaire», a fait valoir le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) lors d'un entretien avec Michael Chertoff, ministre américain de la Sécurité intérieure.

Celui-ci a assuré qu'un enregistrement ne serait pas nécessaire avant chaque voyage, mais que la démarche resterait valable un an ou deux. Selon lui la nouvelle procédure acceptée vendredi par le Congrès américain est «purement formelle».

Elle prévoit une égalité de traitement de tous les citoyens des Etats membres de l'UE. Jusqu'à présent, les citoyens de certains anciens pays de l'Est membres de l'UE devaient demander un visa.

De son côté, l'Union européenne (UE) a signé vendredi un nouvel accord sur ce sujet. Le chef du DFJP a affirmé que Berne n'acceptera en aucune manière des conditions plus sévères que celles prévues pour l'UE.

Lutte anti-terroriste intensifiée en Suisse

Lors de sa visite de deux jours aux Etats-Unis, le ministre de la Justice a également rencontré son homologue américain Alberto Gonzales, le patron du FBI Robert Mueller, ainsi que le directeur national des renseignements, Michael McConnell.

Avec eux, il a abordé la question de la coopération bilatérale en matière de sécurité, en particulier la lutte contre le terrorisme. «Le terrorisme est un problème international majeur et il est très important que notre coopération s'intensifie, même s'il n'y a pas d'affaire spécifique en cours», a déclaré Christoph Blocher à swissinfo à l'issue de son séjour américain.

L'intensification de la coopération bilatérale autour du terrorisme est inscrite dans la nouvelle Convention signée par Christoph Blocher et le ministre américain de la justice Alberto Gonzales le 12 juillet 2006 et approuvé au printemps par les Chambres fédérales.

«Cet accord entrera probablement en vigueur en Suisse au début de l'année prochaine, il faut bien sûr que le peuple décide, mais il me semble qu'il serait approuvé même en cas de référendum», prédit Christoph Blocher.

Présentation du nouveau passeport

Le ministre a par ailleurs présenté le nouveau passeport biométrique suisse, qui contient des données enregistrées électroniquement, et la banque de données d'Interpol sur les documents de voyage perdus ou volés.

«La Suisse est très active au sein de cette banque de données depuis 2005, plus de 22'000 officiers peuvent y accéder en Suisse et nous y faisons entre 100 et 120 entrées par mois», souligne Christoph Blocher, avant de noter que «les Américains ne sont pas encore complètement intégrés à cette banque de données.»

Evaluation des risques divergente

Sur le plan de la sécurité intérieure américaine, Michael Chertoff a fait savoir ce mois-ci qu'il a «l'impression viscérale» qu'Al-Qaïda trame de nouveaux attentats contre les Etats-Unis.

Interrogé par swissinfo sur son évaluation personnelle de la situation, Christoph Blocher indique que «Michael Chertoff est très préoccupé par le fait qu'Al-Qaïda a utilisé des gens qui ont des passeports ou des pièces d'identité qui leur permettent de circuler en Europe, puis vers les Etats-Unis.»

«Nous avons nous aussi des informations qui montrent un usage accru de faux documents», ajoute le conseiller fédéral, tout en soulignant qu'à ce stade, «il n'y a pas d'indices d'un acte de terrorisme à venir, ni en Suisse, ni aux Etats-Unis.»

Aux Etats-Unis, les experts déplorent que, depuis l'invasion de l'Irak en 2003, la coopération anti-terroriste entre le gouvernement américain et la communauté musulmane ne soit plus aussi étroite qu'après les attentats de 2001. Christoph Blocher indique que, si «ce débat se déroule aussi en Suisse», le gouvernement entretient un dialogue positif avec les musulmans.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom à Washington

En bref

La Convention entre la Suisse et les Etats-Unis, signée le 12 juillet 2006, réglemente la création d'équipes mixtes d'enquêteurs.

L'échange de fonctionnaires entre les deux pays est possible dans le cadre d'enquêtes et de procédures pénales sur des actes terroristes et leur financement. Les policiers qui opèrent à l'étranger doivent appliquer les lois du pays hôte et ne peuvent être armés.

La convention est un complément au traité d'entraide judiciaire en matière pénale conclu entre la Suisse et les Etats-Unis le 25 mai 1973. Elle remplace l'«Operative Working Arrangement» (OWA) qui avait été conclu entre Berne et Washington après les attentats du 11 septembre 2001.

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Une loi plus dure

Le Congrès américain a adopté vendredi une nouvelle loi entérinant le renforcement des mesures de sécurité aux Etats-Unis. Celles-ci comprennent notamment la mise en place d'un système électronique d'autorisation pour les voyageurs qui entrent sur sol américain.

Celui-ci permettra d'enregistrer des «informations biographiques de base» sur lesquelles se fondera le ministère de la Sécurité intérieure américain pour décider si un étranger remplit les conditions d'entrée aux Etats-Unis. La validité des données enregistrées sera au maximum de trois ans.

Les citoyens suisses sont également concernés par ce nouveau système.

Découlant des attentats du 11 septembre 2001, la nouvelle réglementation, adoptée vendredi par le Congrès, doit encore être signée par le président George W. Bush.

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