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Nouvelles scènes de chaos au Parlement de Hong Kong

"Nous avons un mandat du peuple pour rentrer au LegCo", a déclaré Baggio Leung, peu après avoir été empêché de prêter serment (archive). KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE sda-ats
Ce contenu a été publié le 19 octobre 2016 - 11:39
(Keystone-ATS)

Le Parlement de Hong Kong a de nouveau été le théâtre de scènes de chaos mercredi. Les partisans de Pékin ont empêché la prestation de serment de deux députés qui prônent le divorce avec la Chine.

Les tensions sont fortes dans l'ancienne colonie britannique, où de nombreux habitants ont l'impression que Pékin renforce sa mainmise. Les législatives de septembre ont débouché sur l'élection d'une poignée de candidats demandant une plus grande autonomie vis-à-vis de la Chine, deux ans après les grandes manifestations prodémocratie de l'automne 2014.

Les députés des camps rivaux se sont livrés à une empoignade verbale lorsque les partisans de Pékin ont quitté la séance au Conseil législatif (LegCo) au moment de la prestation de serment. Ce départ a provoqué un ajournement de séance, faute de quorum. Les indépendantistes Yau Wai-ching et Baggio Leung n'ont ainsi pas pu prêter serment.

Dans l'algarade qui a suivi, un député démocrate a lancé des tranches de viande sur ses adversaires. Un autre a renversé les drapeaux chinois et hongkongais sur les bureaux des députés favorables à la Chine et s'est retrouvé encerclé par les vigiles.

Portraits piétinés

Le cri "Excusez-vous!" fusait dans les rangs du camp pro-Pékin. "S'ils veulent que les gens respectent leur serment, ils doivent exprimer leurs regrets pour leur comportement la semaine dernière et présenter leurs excuses aux Chinois du monde entier", a déclaré la députée proPékin Priscilla Leung à la presse.

Des centaines de partisans de la Chine brandissaient le drapeau chinois et piétinaient les portraits des deux indépendantistes devant les locaux du Parlement.

Les deux députés ont déclaré vouloir prêter serment, mais refusé de présenter leurs excuses. "Nous avons un mandat du peuple pour rentrer au LegCo", a déclaré Baggio Leung.

Jeu de mots

La semaine dernière, lors de l'intronisation du LegCo entrant, la prestation de serment de Yau Wai-ching et Baggio Leung avait été rejetée au motif qu'ils s'étaient drapés dans une bannière proclamant que "Hong Kong n'est pas la Chine". Le serment stipule que Hong Kong est une région administrative spéciale de la Chine.

Les deux élus avaient également refusé de prononcer correctement le mot Chine. Mme Yau avait été entendue en train d'émettre un jeu de mots vulgaire aux dépens de Pékin.

Malgré une mobilisation très forte pour réclamer un véritable suffrage universel lors de l'élection du chef du gouvernement hongkongais en 2017, Pékin avait refusé en 2014 de céder le moindre centimètre carré de terrain. La Chine avait aussi averti au moment des législatives de septembre qu'elle ne tolérerait pas que l'indépendance soit discutée "dans et en dehors" du LegCo.

Hong Kong jouit d'une semi-autonomie, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", qui avait présidé à la rétrocession à Pékin du petit territoire en 1997.

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