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Novartis fait machine arrière au Brésil

Daniel Vasella est fâché contre le gouvernement brésilien.

(Keystone Archive)

Novartis suspend un projet de laboratoire de recherche en Amazonie, et entre indirectement dans la polémique sur la propriété intellectuelle qui oppose Roche au gouvernement brésilien. Le président de la multinationale helvétique Daniel Vasella, a accordé - depuis la Suisse - une interview explosive au plus grand quotidien d'affaires du pays.

Novartis revoit à la baisse ses investissements au Brésil. Un projet de centre de recherche en Amazonie est abandonné. «Nous n'allons pas investir dans un pays où l'on ne respecte pas les brevets et les accords internationaux sur la propriété intellectuelle», affirme Daniel Vasella dans les colonnes de la «Gazeta Mercantil»

Le budget de recherche en nouveaux produits se limitera donc cette année à 10 millions de dollars. Le Brésil perd ainsi son statut de zone prioritaire pour Novartis, après des années de croissance soutenue.

Plusieurs affaires semblent avoir semé le doute dans l'esprit des dirigeants de Novartis: l'an dernier un projet de recherche sur la biodiversité en Amazonie avait dû être abandonné après une polémique sur l'usage des ressources naturelles de la forêt tropicale. Après avoir conclu un accord avec une agence gouvernementale, les Suisses ont été à deux doigts d'être accusé de bio-piraterie.

En outre, la déclaration de Daniel Vasella intervient quelques jours après de nouvelles pressions du gouvernement brésilien contre Roche, dont Novartis est également actionnaire à hauteur de 20%. Le Brésil menace en effet de casser le brevet d'un médicament nécessaire au traitement du SIDA, si Roche n'accepte pas de le vendre moins cher.

Le Brésil invoque des raisons de santé publique, et vient d'ailleurs de recevoir le soutien de l'Organisation Mondiale de la Santé. Mais l'industrie pharmaceutique a été ébranlée. D'autant que le gouvernement brésilien a fixé un ultimatum de quelques jours avant de donner le feu vert à la production locale d'un produit générique qui se substituterait au produit breveté par Roche.

Pour Daniel Vasella, les motivations du Brésil sont d'ordre politique. Le ministre de la Santé, José Serra souhaite en effet se présenter à l'élection présidentielle de l'année prochaine. «Nous avons besoin que la propriété intellectuelle soit respectée de manière à obtenir des bénéfices et à financer la recherche», affirme encore le patron de Novartis au quotidien brésilien.

Thierry Ogier, Sao Paulo


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